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mercredi 14 mai 2014

Sébastien Delahaye - Call Of Duty : Les coulisses d'une usine à succès (2014)

Même si je suis le premier à hurler face à la série des CALOF, si l'on se remet dans le contexte de l'époque, j'étais quand même tout foufou en jouant aux deux premiers épisodes. C'était en 2005 pour ma part, quand j'avais enfin reçu un PC capable d'aller sur l'Internet global pas encore totalement 2.0 et qui pouvait faire tourner des jeux assez récents : un poto me prête (oui, à l'époque c'était encore possible) le premier Call Of Duty et on était soufflé. J'avais déjà pas mal joué chez des potes au Medal Of Honor : Alllied Assault de chez EA sorti en 2002 et on avait beau être ados et un peu neuneu, du FPS solo bien scripté et aussi spectaculaire, bah ça faisait sensation. Call Of Duty c'était pratiquement la même chose (normal, ce sont les "mêmes" développeurs) mais avec un côté encore plus cinématographique et impressionnant. Le second épisode enfonçait définitivement le clou et malgré l'apport ô combien pourave du "je fais caca derrière une caisse quand je suis touché pour reprendre de la vie", la scène de Stalingrad en mettait plein la gueule. Littéralement. Ainsi que des bonnes idées comme l'utilisation de grenades fumigènes... du FPS seconde guerre mondiale bourrin, arcade et vraiment tripant à l'époque. Mais, patratra, les années passent et la série s'embourbe dans ses propres clichés, si bien qu'après un quatrième épisode que j'avais bien apprécié en multi sur PC, j'ai totalement abandonné et depuis je regarde cette série de loin, en lui faisant de gros doigts d'honneur le plus souvent, pour lui faire comprendre à quel point je trouve qu'elle a fait beaucoup de mal au jeu vidéo ces dernières années (les DLC, les season pass, la disparition des serveurs dédiés, "l'oubli" du modding...). Ce n'est pas la seule série responsable, oh que non, mais disons qu'elle a pas mal influencée les autres...

Mais je m'éloigne du plus important : vous parler du livre de Sébastien Delahaye. Ou plutôt de son livre électronique pour être précis : Call Of Duty : Les coulisses d'une usine à succès. Ce bon monsieur que l'on connaît plus sous son pseudo de Netsabes est un journaliste que nous avons la chance de lire dans le magazine Canard PC et sur le site Internet NoFrag, deux médias du jeu vidéo que vous lisez déjà car vous êtes des gens de goût. Comme son nom l'indique, l'auteur a décidé d'enquêter et de découvrir qu'elle est l'envers du décor de ce qui peut être considéré comme actuellement la franchise de jeu vidéo pesant le plus financièrement parlant. Et, aussi surprenant que cela puisse paraître, l'histoire de cette franchise est digne d'un roman avec son lot d'évènements, de traitrise et même d'espionnage... ouais, rien que ça. Vous y apprendrez ainsi que quand l'éditeur Activision se rend compte qu'il a mis la main sur une série capable de lui rapporter des milliards, il va tout faire pour la garder rien que pour lui, quitte à mettre en place des mesures surréalistes... avec des enjeux économiques colossaux à prendre en compte. Vous allez très souvent être sur le cul et très souvent vous rendre compte que le milieu du jeu vidéo à cette échelle est tout sauf un monde de Bisounours, où même la notion de "fun" propre à ce média à tout simplement disparue... je ne vous en dis pas plus mais vous allez vraiment halluciner par moment (non, pas en levant les yeux et en disant "NON. MAIS. J'HA. LU. CI. NE. KOAAAA !", s'il vous plaît, soyons sérieux bordel).


Le livre est certes un peu court avec moins de 100 pages et certaines mauvaises langues vous diront que l'on peut retrouver la plupart des chapitres de ce livre gratuitement dans Canard PC ou NoFrag sous la forme de divers articles écrits par l'auteur. Mais nous sommes bien ici en présence d'une version enrichie, vendue en plus pour moins de 5 euros... avouez que c'est trop surpuissant quand même. Ca se lit très bien et le seul vrai reproche que je lui fais est d'être uniquement vendu (peut-être que pour le moment, espérons) via Amazon, ce qui vous oblige à télécharger le livre en format Kindle. Pas de panique, si vous n'avez pas la liseuse de Amazon vous pouvez toujours télécharger gratos l'application officielle pour iOS ou Android (et même pour les fous furieux qui ont un Windows Phone, c'est dire) pour en profiter. En espérant vraiment que ce livre ne soit que le premier d'une série...

Lien pour le commander
L'auteur
Une vidéo pour la forme :


mercredi 30 avril 2014

Alexandre Vaillant - Onze Joueurs (2014)

Justin(e), vous le savez, est un groupe brillant et génial à bien des égards. Mais mis à part cette propension à balancer du tubes à la chaîne avec une certaine aisance, il y a bien entendu les paroles aussi barrées que géniales d'Alexandre Vaillant, le parolier et monsieur qui gueule dans le micro du groupe nantais. C'est que c'en est presque une épreuve de pouvoir décrypter ne serait-ce qu'un faible pourcentage des phrases du bonhomme, tant il s'amuse à mélanger autant les propos sérieux que les phrases en rapport avec le foot ou même parfois en parlant de tout et n'importe quoi. Néanmoins, on s'accroche, on retourne le livret fourni avec chaque album, on essaye de lire et relire chaque phrase pour être sur... et, même si l'on sait que l'on est loin du compte, c'est trop tard, on est absorbé. On s'interroge, on s'informe... et on essaye d'embêter le gars quand on le croise en concert. Et ce n'est pas que le monsieur ne veuille pas nous expliquer, hein, mais c'est juste que l'on sent qu'il en a des choses à dire sur ses paroles... mais qu'un simple entretient entre deux bières juste avant ou après de monter sur scène ne sera guère suffisant pour lui. Mais comme c'est un monsieur qu'il est bien, il s'est dit que ce serait une chouette idée d'écrire un bouquin pour nous guider un peu plus sur ses paroles. Mais pas en nous tenant la main non plus, na, on nous poussant à nous intéresser. Chouette.

Alexandre Vaillant est donc phychologue clinicien de formation. Voilà. Ceci explique déjà beaucoup à la qualité des paroles mais ce n'est pas tout. Ce que son livre Onze Joueurs nous apprend le plus est que pas mal des chansons de Justin(e) sont des approches "illustrées" des travaux de nombreux professionnels ayant œuvré dans des réflexions d'ordre social, politique et médical. Onze Joueurs pour onze chansons, onze chapitres, chacun désignant le travail d'une de ces personnes ou parfois même leur vie. Je ne connaissais (si ce n'est seulement de nom, vaguement) pas ces Gilles Deleuze, Jean Oury ou François Tosquelles. Maintenant je sais lesquels de leurs travaux ont influencé telle ou telle chansons. Et surtout, surtout : ça m'a donné envie d'en savoir plus, de tenter de comprendre plus leurs démarches. M'informer. Lire. Ca paraît tout bête mais c'est un point essentiel je trouve. Car là où je m'attendais à lire (et cela aurait été trop bien trop cool trop génial) une explication "simple" de certaines chansons du groupe, avec à l'appuie un résumé des travaux de ces professionnels, on est plutôt ici dans la démarche de présenter les travaux qui ont servi d'influence, nous poussant ensuite à nous même décrypter les chansons ensuite. Par contre impossible pour moi de vous faire un résumé : je ne me risquerai pas à l'exercice tant j'ai peur de passer à côté de choses importantes. L'auteur explique très bien, c'est lui que vous devez lire.

Petit livre de moins de 100 pages, Onze Joueurs n'est pas réservé aux fans de Justin(e) mais bien à tout le monde ayant un minimum de curiosité. Si l'écriture reste très littéraire, académique, parfois complexe et nécessitant de relire plusieurs fois les phrases pour être sur de les comprendre (tiens, comme les paroles), ce livre reste un bien bon ouvrage à lire armé d'un dictionnaire et d'un Wikipedia à porter de main pour ne pas avoir l'air bête. Pour 7 euros, ce serait dommage de se priver. Pensez à acheter les albums du groupe au passage, merci pour eux.


mercredi 16 avril 2014

Spray Paint The Walls : L'Histoire de Black Flag

Je l'avoue sans aucune honte : avant la lecture de ce livre je ne connaissais que très (trop) peu Black Flag. Après il faut arrêter les conneries deux minutes aussi : Black Flag n'a réellement été connu en dehors des USA qu'après sa séparation et quand Internet est venu nous sauver, nous, pauvres petits européens, pour nous permettre de rattraper notre retard en s'enfilant des palettes entières de plusieurs décennies de folies punk/hardcore. Oh, si, bien sur, il y avait quand même des gens qui connaissait... mais pas tout le monde. Moi le premier. Et plus que le choc musical que le groupe a sur votre petite personne, c'est également tout ce qui gravite autour qui donne le tournis et nous fait comprendre à quel point Black Flag est un monument de la musique alternative. Un monument dans tout ses aspects, même les plus discutables. Ecrire sur ce groupe est tentant, même indispensable quand on y réfléchie bien. Il y a même son chanteur le plus connu, Henry Rollins, qui a rassemblé sous un même livre ses notes prises durant plusieurs années de tournées dans le fameux van du groupe. Je n'ai malheureusement pas encore lu son livre et se le procurer est plus compliqué que ce que j'imaginais... tout le contraire de Spray Paint The Wall : The Story Of Black Flag, qui se paie même le luxe d'avoir une traduction réussie dans la langue de Kev Adams (avouez que ça fait chier de lire ça, Kev Adams... sans déconner...) et qui se trouve être une biographie de très bonne qualité du combo américain.

Mais avant tout : c'est quoi donc Black Flag ? on pourrait très rapidement résumer en "ce sont les papas du hardcore" et on aurait raison. En allant plus dans le détail, outre le fait qu'avec l'aide de d'autres groupes Black Flag est réellement imposé ce que sera le "son" punk/hardcore, c'est surtout dans sa démarche et ce qu'il a construit autour que le groupe est le plus reconnu. En bien ou en mal, bien entendu. Tout comme on peut critiquer pas mal d'aspects chez Black Flag, il faut tout de même admettre qu'on est sur le cul quand on voit l'héritage qui semble sans fin laissé par les gars originaire de Harmosa Beach en Californie. Ou même devrais-je dire le groupe d'un homme, Greg Ginn, à la fois homme à tout faire (guitariste, compositeur, génie en électronique, patron d'entreprise...) et anti-héros parfait de ce qui ressemble parfois à l'histoire d'un road-movie rempli de violence, de rock et d'anecdotes plus folles les unes que les autres. Black Flag a fait le hardcore puis l'a détruit à sa manière, faisant plus punk que la plupart des groupes punk de son époque dans sa démarche plus que radicale. Et il a aussi énormément contribué à l'explosion de la scène hardcore durant les années 70/80, servant d'exemple pour bon nombre de groupes, encore maintenant.

Le livre nous raconte tout ça de façon chronologique, des débuts en 1978 à la fin cataclysmique en 1986. Des débuts très modestes où une bande de gars vivant dans la banlieue modeste de Los Angeles décident de jouer une musique plus violente et virulente que ce qui se faisait auparavant jusqu'à la fin aussi subite qu'inévitable, après des changements de styles et de line-up incessant, où le seul maître à bord qu'est le dictateur Ginn décide de faire couler son bateau qu'il sait hors de contrôle. Et on apprend beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses. Vous pensiez à des gars anti système se voulant dans la réflexion pour changer le monde ? pas forcément. C'était plutôt des gars occupant une église comme squat et lieu de répète, ne voulant jouer que parce qu'ils en avaient envie, qu'importe les réactions du public. Des gars habillés comme tout le monde... pas "typé punk"... ce genre de détail qui fait tout en fait. Mais le plus intéressant est de se rendre compte à quel point chacune de ces personnes possède une personnalité qui lui est propre, extrêmement bien retranscrite dans le livre. On y découvre un Henry Rollins froid, se croyant en croisade perpétuelle face à un public de plus en plus violent à son encontre, tout comme on découvre un Bill Stevenson hors-norme, tout comme Robo... des personnes qui sont presque des personnages que l'on découvre et suit avec grande attention durant tout le livre.

Car c'est là tout l'intérêt de ce livre : se rendre compte à quel point l'histoire de Black Flag relève de l'aventure humaine. Chaque anecdotes est un plaisir à lire, tout comme il est passionnant de découvrir pourquoi le groupe a autant changé au fil des albums et se rendre à quel point il a dû batailler pour se faire entendre... et faire comprendre qu'il ne jouait que pour lui. Stevie Chick a accompli un travail énorme, extrêmement documenté, avec une écriture fluide qui ne lasse pas, malgré le côté pavé du bouquin avec près de 600 pages, parfois illustrées de quelques photos en noir et blanc. C'est foutrement passionnant à lire, surtout si vous mettez en fond les albums du groupe. En plus d'en apprendre plus sur le groupe vous pourrez aussi mieux vous immerger dans le contexte social de l'époque et se dire à quel point la répression était plus extrême à certains endroits... Spray Paint The Wall est un très bon livre, un indispensable pour tout fan et pour toute personne voulant se documenter un minimum sur l'underground. Mangez-en.


mercredi 20 novembre 2013

American Hardcore : Une histoire tribale (2010 pour la version française)

Découvrir le hardcore quand on est encore adolescent revient à la découverte de sa première branlette avec la main endolorie : au début ça te paraît étrange et difficile à tenir sur le long terme et puis, le temps passant, tu sais que tu découvres quelque chose d'incroyablement puissant. Si bien que tu décides de t'intéresser à ce sujet (au hardcore, hein, bande de petits coquinous), à lire des choses sur Internet, à écouter toujours plus de groupes et finalement tu te rends compte que le sujet est beaucoup plus vaste que ce que tu imaginais. Au début tu te dis "Waaaah, mais Hatebreed comment que c'est trop violent sa maman !", ensuite il y a "WOOOOH PUTAIN MAIS MINOR THREAT QUOI !!!!", et puis tu vas à des concerts, tu rencontres des gens qui connaissent le sujet, qui te conseille d'écouter tel ou tel groupe... c'est une spirale sans fin d'achat de disques et d'écoute sur le trajet de l'école avec le lecteur CD qui saute quand tu marches (ouais, sooooo début 2000) qui prend toutes journées. Chaque jour, hop, des nouveaux groupes, des nouveaux articles à lire, des nouveaux termes à apprendre et le week-end un concert à aller voir. Donc forcément, au bout de plusieurs années tu commences à devenir incollable sur le sujet, tu balances des noms de groupe, tu essaye même le temps d'un concert d'être Straight Edge... et finalement des années plus tard tu chopes American Hardcore : Une histoire tribale. Et ce fantastique bouquin se permet de remettre en cause à peu près, disons, TOUT ce que tu as pu apprendre sur le hardcore en une bonne dizaine d'années. Saloperie.

American Hardcore : Une histoire tribale se concentre sur l'émergence de la scène hardcore aux USA et son auto-destruction dans les années qui vont suivre, soit de 1980 à 1986, l'âge "d'or" du hardcore. Et autant vous dire que cette œuvre est tout simplement indispensable pour tout fan de musique alternative qui se respecte. Et qu'il va vous mettre sur le cul comme rarement. Ah, quand je pensais que le mouvement hardcore est né d'un ras le bol du mouvement punk anarcho histoire de construire quelque chose de plus "réfléchit"... bah j'avais grave putain de tort. La vérité ? des bandes de jeunes ne savant pas quoi foutre, se faisant frapper, humilier et s'amusant à se shooter à l'herbe décident de se rassembler histoire de gueuler à la face du monde toute leur haine tout en essayant de ne pas se faire exploser la gueule aux concerts. Car il est hallucinant de voir à quel point ce style a pu autant souffrir et qu'on a à tout prix tenter de le tuer dans l’œuf : concerts avec public ultra violents dans certaines villes, règlement de comptes entre bandes, la police qui a ordre de "remettre dans le droit chemin" ces jeunes sans espoir en les tabassant gratuitement... mais attention, bien entendu, tout cela est à nuancer. Il y avait de tout dans cette scène qui a grandi d'un seul coup, autant des jeunes complétements paumés que d'autres tentant de faire bouger les choses. Mais, et je vous laisse le découvrir, il est vraiment hallucinant de voir à quel point ce fut un chaos monstre.

Le hardcore a créé ses propres armes et prouvé que l'on pouvait faire véhiculer la musique par ses propres moyens : des enregistrements à la qualité dégueulasse (souvent enregistré direct sur un Ghetto-blaster) servant de flyer pour faire connaître le groupe, des tournées improvisées se faisant souvent dans de très mauvaises conditions, le D.I.Y. qui explose... tout au long du bouquin on apprend des choses toujours plus dingues, des anecdotes qui feront souvent rire, d'autres qui vous nous faire froid dans le dos... et se dire que, ouais, quand même, cela a dû être quelque chose cette période... avant que l'auteur, Steven Blush, et d'autres acteurs de cette époque ne viennent te rappeler que, non, finalement, ce n'était pas aussi bien que ce que l'on peut imaginer, qu'il n'y avait pas forcément beaucoup de monde et que le monde n'a pas changé comme ils l'espéraient...

Le livre est construit comme un recueil de témoignages (on y retrouve un nombre hallucinant de gens, comme Henry Rollins, Ian MacKaye, Jello Biafra, les membres de Bad Brains, Brian Baker...), avec entre deux des explications de l'auteur et une structure qui suit une certaine chronologie, même s'il n'est pas étonnant de se projeter autant dans le futur que dans le passé. Il y a aussi des chapitres entiers sur certains groupes (Black Flag, Minor Threat, Bad Brains, The Misfits...) histoire de comprendre leur influence sur la scène, ainsi qu'une (gargantuesque) discographie du "hardcore américain" s'étalant sur plus de 100 pages. Et entre deux ça cause, ça te donne une idée du climat social de l'époque aux USA, des réflexions bienvenues sur des sujets qu'on n'attendait pas forcément (je vous laisse la surprise), une sorte d'envie permanente de rendre hommage à tout ceux qui ont voulu faire quelque chose de ce mouvement à l'époque tout comme la volonté de le démystifier par la même occasion.

American Hardcore : Une histoire tribale est un gros pavé de 800 pages, certes, mais il est très bien écrit, ça se lit très très très bien (malgré les fautes omniprésentes, sérieux à ce niveau c'est violent) et tout fan qui se respecte se doit de déjà l'avoir lu. Et je conseille même ce bouquin qui n'est pas forcément fan de le dévorer tant c'est presque une aventure que l'on semble suivre par moments. Mangez-en, promis, vous ne le regretterez pas.

mercredi 4 septembre 2013

Dico pour le popo

Que voulez-vous, j'y peux rien, j'aime bien ce que fait Laurent Baffie. Oui c'est con, d'un goût souvent douteux et parfois très facile. Il n'empêche que j'aime bien, c'est comme ça. Par exemple ce type a un talent d'écriture qui vaut le détour : n'importe laquelle de ses pièces de théâtre prouve que ce type est capable du mieux. Donc c'est sûr, quand on m'offre son fameux dictionnaire (très gros succès en librairie comme on dit dans les articles sérieux) où il s'amuse à donner des définitions à tout plein de mots, le plus souvent pour dire un maximum de connerie, je suis preneur. C'est le genre de bouquin dont je veux bouffer chaque page, par petites sessions et le temps du popo ou du chargement d'une partie en ligne (on est de bon goût ou on ne l'est pas). Donc un dictionnaire de mots fait par tonton Baffie, ça donne quoi...

Et bien exactement ce que ça prétend être : un dictionnaire écrit par Laurent Baffie. C'est donc à la fois très con et bien foutu. Certes, il ne faut pas être allergique à son humour de base, car ça reste du Baffie et si vous n'aimiez pas, vous n'aimerez toujours pas. Mais si vous vous taper des grosses barres de lol (ouaib 2.0, tout ça) durant ses interventions dans des émissions télés, ouais, ça veut le coup. On retrouve ce petit côté sale gosse avec des vannes parfois bien osée, d'autre un poil plus "poétique" (on va dire "travaillée" plutôt) avec des jeux de mots bien sentis et parfois de bien bonnes idées (les fausses citations de Rocco Siffredi sont vraiment énormes (olol)). C'est aussi très inégal : on passe d'une définition qui nous bloque tant on se marre bêtement devant le bouquin (putain mais "Défenestration" quoi...) à une autre qui tombe à l'eau ou qui semble tomber trop dans la facilité. Et puis il faut admettre le gros point noir du bouquin : c'est ultra court. Enfin, c'est court si vous vous l'avalez d'une seule traite vu que c'est écrit en caractère TRÈS GROS et que les 200 pages peuvent très bien être résumés en une cinquantaine si on écrit en plus petit. Bon je suis d'accord que cet argument est un peu tout pourri vu qu'on pourrai aussi faire que 2 pages si c'était écrit en taille 2 mais vous avez compris le principe (et si vous n'êtes pas d'accord je vous prout).

Mais si vous lisez une page par-ci, une par là, ça reste du très bon bouquin apéro, de celui que vous sortez en soirée pour faire marrer 5 minutes et balancer de la vanne pendant les réunions de famille alors que tout le monde passe à la salade après un repas olympique de 5 heures. C'est bien écrit et vraiment drôle donc c'est du bon, mangez-en. A petite dose, hein, vous m'avez compris.

Note : il y a des gens qui font des vidéos du dictionnaire sur tutube, en mettant des suites de scan des pages. Là, j'avoue que je suis sur le cul : lire un bouquin en vidéo avec une qualité pourrave, c'est encore plus true hardcore que le pdf tout pourri chopé en tipiak d'il y a plusieurs années. Certes, le bouquin est un poil trop cher (plus de 10 euros) mais quand même... bon ça reste toujours meilleur que les AMV de Naruto avec du System Of A Down, véritable cancer de la génération du tout Internet.

mercredi 15 février 2012

Odyssée des 1001



Quand tu es un bon gros fan des jeux vidéo et de leur histoire, il est assez facile de te faire plaisir quand on t'offre un cadeau : un jeu chinois pirate pour la Super Nes, une photo de John Romero dédicacée à l'époque de Daïkatana (avec un bon gros BIATCH dessus), une Neo Geo (si la personne est riche, a bon goût et sent bon des pieds bien entendu) avec les Metal Slug, un stylet Hello Kitty pour la 3DS... bref, tout ce qui fait office de détail que je conserve bien précieusement au fond d'un tiroir et dans ma mémoire pour ressortir tout ça à un moment précis, en soupirant "Ah, c'était le bon temps ma bonne dame...". Et il y a la grande soeur qui sait toujours vous surprendre et qui vous offre entre deux albums Panini avec des chwals ou Camp Rock (voir même les deux combinés pour plus de frayeurs) un bouquin avec un fucking titre :

LES 1001 JEUX AUXQUELS IL FAUT AVOIR JOUE DANS SA VIE

Biiiiiiiiiiiiii... wait for it, wait for it... iiiiim !

Ca c'est du titre ! et l'auteur ne se fout pas de ta gueule en te balançant réellement 1001 jeux exceptionnels auxquels il faut avoir joué, le tout de 1971 à 2010 tout de même. Ca touche tous les domaines, de l'arcade aux consoles et même si l'on note un manque flagrant de jeux sur ordis, impossible de contester le choix des jeux. Bon, il y a bien Call Of Duty 2, Halo 3 et autres choix bien étranges... mais non, le très épais bouquin (près de 1000 pages) donne dans le "1 page = 1 jeu" voir deux par page quand il est foufou. Les textes sont courts, bien écrits et synthétisent parfaitement le jeu en question.

Tout se lit d'une traite, c'est bien illustré... non, vraiment rien à redire sur le bouquin en lui-même. Par contre, deux choses :

- j'ai flippé parce que je me suis rendu compte que j'ai déjà joué à 90% des jeux présentés
- il ne parle pas de Space Phallus, ce qui est impardonnable quand on est un gamer, un vrai

A ne pas louper si vous cherchez à offrir un bô cadeau à quelqu'un qui se borne à jouer à COD et lui montrer qu'il existe tellement de bonnes choses à côté.

vendredi 11 novembre 2011

L'Histoire De Mario


Plus le temps avance et plus j'ai l'impression de rattraper le temps perdu sur certaines choses : apprendre à faire un créneau en voiture du premier coup avec une seule main, voir How I Met Your Mother, ouvrir et jouer à mes jeux Wii et lire des bouquins. Pour cette dernière activité je rattrape le temps avec un immense plaisir qu'il m'est impossible de camoufler vu à quel point mon sourire est niais quand il s'y met. L'excellente maison d'édition Pix'n'Love propose depuis déjà plusieurs années des livres de qualité et c'est un tout nouveau tout beau qui nous intéresse ici :

L'Histoire de Mario : 1981 - 1991 : L'ascension d'une icône, entre mythes et réalité


(vlan)

Un sujet aussi énorme et sur lequel bon nombre de journalistes et autres écrivains ont écrit que ce petit plombier de chez les nippons de Nintendo. Un nouveau livre de plus ? on pourrait le penser mais non, l’œuvre de William Audureau est un petit bijou pour tout fan de jeu vidéo qui se respecte. Mieux encore, ce livre s'adresse à un public très large et ne nous largue pas dans des considérations techniques ou autres lexique propre aux jeux vidéo pour directement s'intéresser à la naissance de cette mascotte. Car il y a de quoi parler et comme l'indique le sous-titre, beaucoup de mythes cachent la vérité.

On pense tous à l'histoire du petit Jumpman dans Donkey Kong et à son ascension en tant que Mario avec les jeux suivants. Mais que s'est-il réellement passé entre Donkey Kong et Super Mario Bros ? et même avant Donkey Kong ? quel contexte a poussé une entreprise qui d'abord se refuse à avoir recours à une mascotte à finalement changer ses plans ? quel est le véritable papa de Mario ? vous pensez déjà savoir la vérité ? ouais, moi aussi avant de lire ce livre... et autant vous dire qu'on en apprend vraiment beaucoup. Mais vraiment.

Avec un récit qui se déroule chronologiquement et très bien découpé en chapitres, des références pertinentes et nombreuses, une écriture fluide et une vraie découverte de l'histoire d'un personnage aussi important, L'Histoire De Mario est une réussite sur tous les points. En évitant d'être trop touffu et de sombrer dans l’exhaustif à outrance, William Audureau maîtrise du début à la fin son sujet et nous invite à un voyage d'une dizaine d'années à travers les yeux d'acteurs souvent méconnus de la carrière du mangeur de champignons le plus célèbre du monde. Un bien bel objet qui fera très bien aux pieds du sapin.

Note : la préface est par Florent Gorge, l'homme grâce à qui l'on doit Pix'n Love et la traduction du japonais de livres essentiels sur notre média préféré (la biographie de Gunpei Yokoi, miam) et la dernière partie du livre traite du film Super Mario Bros, à lire absolument donc.

A choper chez les mecs trop cools et trop beau trop forts de Pix'n Love

mercredi 29 juin 2011

Revenez quand vous voulez (et abonnez-vous aussi, merci) !


Suzuka de la chaîne Nolife (honte à vous si vous n'êtes pas abonné) a sorti un très bon livre sur le Japon à Paris (Paris Japon), ou comment découvrir le pays des montres à tentacules phalliques et autres toilettes à jets d'eau fluorescents (clichés de mauvais goût : check !). C'est très sympa à lire, abondamment illustré et on a bien hâte de le saigner à mort pendant une visite dans la capitale. A commander sur le site de la chaîne, avec la possibilité de se le faire dédicacé (et une dédicace de Suzuka, ça n'a pas de prix).
Gros plus : les droits d'auteurs sont reversés à la Croix Rouge du Japon pour aider les victimes du Tsunami. Et ce genre d'initiative est toujours bonne à signaler.



Ah, vi, abonnez-vous à Nolife, merci pour eux !

dimanche 27 mars 2011

Le cochon qui voulait être mangé


Aujourd'hui mes loulous on va parler de philosophie. Et vu que je vais écrire cet article d'une seule traite, j'avoue que je ne sais pas du tout à quoi m'attendre, si je vais partir dans un délire métaphysique pour vous expliquer pourquoi quand vous faites l'amour à votre copine (ou copain) vous le faites sans le savoir à votre mère (ou père), ou si je vais ressortir mon petit calepin rempli de notes diverses sur tout et n'importe quoi (tiens, par exemple, je regarde ma dernière note : "acheter un agenda", difficile de faire plus trépidant n'est-ce pas ?) et tenter de donner une explication pas logique sur la raison, la pensée, la morale et le pourquoi du comment que l'on fait ceci ou cela. Comment se manifeste notre "moi" intérieur quand on tente d'ouvrir une boîte à cornichons avec une cuillère en plastoc de chez Mac Do ? sommes-nous réellement apte à être conscient d'être ce que nous sommes dans une vie vivante où la vie ne trouve son existence que dans l'existence de la pensée ? pourquoi... ah tiens, le four m'appelle, mon repas m'attend, je reviens.

*nom nom nom*

*buuurp* hum, miam miam. Alors, j'en étais où... aloreuuuu... awé, le bouquin de philosophie que j'ai lu. D'ailleurs, faire la chronique d'un livre est un grand évènement pour moi : j'ai réussi à lire plus de 300 pages sans coloriages ni jeux, un véritable exploit. En plus, ce fameux livre qu'est Le Cochon qui voulait être mangé... et 99 autres petites histoires philosophiques est vraiment une petite merveille. Trouvé en solde à 2€, j'avoue qu'au départ j'ai acheté ce livre parce que le trip "une anecdote = une explication" me plaît toujours. Aussi, le fait que tout soit détaché en petites histoires permet de lire par petites sessions, un peu comme un petit jeu flash tout concon. Heureusement, ce livre est beaucoup plus intéressant qu'un énième clone de Tetris qui remplace les briques par des pénis volants.

Nous avons à faire ici à 100 petites histoires, très courtes (une page, pas plus), qui sont soit une invention de l'auteur (Julian Baggini), soit un extrait d'un film/livre. Chaque histoire sert de support pour évoquer un thème et l'auteur s'amuse à trouver une solution philosophique sur à peu près tout et n'importe quoi : est-ce que nous téléporter revient à nous tuer puis à ressusciter ? tuer une personne innocente pour éviter la mort de milliers est il vraiment immoral ? est il possible de trouver son véritable "moi" sans sombrer dans la folie ?

Bref, en partant d'un sujet souvent stupide (la fameuse histoire d'un cochon qui veut être mangé), l'auteur embraye assez vite sur des notions purement philosophiques et plutôt bien écrites pour qu'on ne se sente pas blaser au bout de 15 secondes. Prévoyez quand même un tube d'aspirine, parfois ça part plus loin qu'un JCVD sous amphèts. Rien qui empêche pour autant de s'intéresser à cet art qu'est la philo, celui qui fait qu'on peut écrire nawak et être pris au sérieux parce qu'on a une chemise blanche cro belle (allez-voir son site, c'est du lourd). Un bon livre bien écrit, passionnant et qui nous apprend plein de choses. Il manque plus qu'une photo de l'auteur nu sur une peau de chamois pour atteindre la perfection.

vendredi 9 juillet 2010

Des Pixels à Hollywood


Quand on parle d'adaptation de films en jeux vidéo, on pense tout de suite aux plus grosse bouses jamais réalisées par des êtres humains sûrement sous effets de drogues durs et d'un manque de moyen faisant passer le programme spatial du Congo comme une superpuissance à même de déstabiliser l'équilibre de la matrice. Tout ceux qui ont eu le malheur de jouer aux fumeux Batman sur Super Nes, Waterworld, Iron Man et Hulk récemment savent de quoi je parlent : de purs nanars que même des jeux flash gratos coiffent au poteau haut la main. Et pourtant, de cette relation cinéma et jeu vidéo, on peut en tirer des informations très intéressantes, et encore mieux, de véritables interactions où chacun des deux médias influe sur l'autre.

Objet tout d'abord de fin d'étude, Des Pixels à Hollywood est un livre de Alexis Blanchet, docteur en Etudes Cinématographiques. Tout en suivant une certaine logique chronologique, l'auteur nous raconte littéralement l'histoire du début des relations entre le cinéma et les jeux vidéo, et ceci depuis pratiquement les premiers pas des consoles de jeu domestiques. Si certains rapprochement entre film et jeu sont plutôt évidents (adaptation de film), d'autres sont beaucoup plus complexes qu'ils n'y paraissent, comme cette fameuse histoire où Hollywood, après avoir une connu une crise dans les années 60 - 70, décide de se remettre sur pied en accumulant le plus possible les partenariats. Inutile de dire que les jeux vidéo sont tout de suite vu comme un véritable allié (et non un ennemi contrairement à ce que l'on pourrait croire) qu'il faut très vite prendre en compte pour tenter d'en tirer le maximum de recettes. Ouais, autant vous dire que le pognon est quand même le sujet principal du bouquin.

On apprend quantité de choses assez intéressantes, y compris pour quelqu'un qui n'est pas fan de jeux vidéo. Même si pour moi le début du livre est un peu long à démarrer, rien à redire sur le reste : les informations sont données progressivement sans nous envahir, le style d'écriture est très travaillé et l'on sent un véritable travail d'investigation assez énorme (la fin du livre nous explique d'ailleurs de manière intéressante le "making-of" du livre). Et autant vous dire que pendant ces 400 pages, on en apprend des trucs... un livre vraiment bien foutu et qui apporte des révélations assez sympatoches (saviez-vous que Mario était fortement inspiré du cinéma américain ?). Diantre, quel bon livre.

15€ (hors frais de port) chez Pix'N'Love. Si vous pouviez aussi prendre le reste de leur catalogue... ça vaut le coup.

mercredi 16 juin 2010

Les chroniques de Player One (2010)


Même si j'étais tout petit pas grand, j'adorais (déjà) lire les magazines de jeux vidéo : Banzaï, Gen 4, Consoles + et aussi Player One, un petit ovni et précurseur de tout un marché de l'édition. Lancé en 1990, il s'agit du tout premier magazine entièrement consacré aux consoles de jeux et non uniquement aux ordinateurs (à l'époque les fameux Commodore et autres Atari ST), en se permettant de traité du cinéma et de l'univers du japon avec les mangas, chose encore plus inédite pour l'époque. Le livre Les Chroniques de Player One est co-écrit par Olivier Richard, rédacteur de Player One et de pleins d'autres magazines, et Alain Kahn, le fondateur de la maison d'édition MSE, deux grand représentants de cette nouvelle vague d'édition des années 90.

Plus qu'un simple livre sur l'histoire du magazine, il s'agit surtout de raconter la montée en puissance du manga et de l'industrie du jeu vidéo de par la vision des maisons d'édition durant ces deux dernières décennies. Après des années à être perçu comme de simple dessins violents et mal dessinés (idem pour les animes), le manga, grâce à de forts soutiens humains, parvient à exploser jusqu'à devenir le phénomène de société que l'on connaît aujourd'hui (la France est le deuxième pays consommateur de manga derrière le Japon). Idem pour les jeux vidéo où l'on se rend compte de tout ce qui a été entrepris par de fortes personnalités de l'époque (le fameux "Crevette" et son émission de télé) pour promouvoir ce divertissement et ne pas le banaliser comme simple défouloir pour ados boutonneux.

Tout se lit de façon très agréable grâce à la coupure "un chapitre sur le manga - un chapitre sur les jeux" et avec une continuité chronologique qui permet de s'y retrouver malgré l'abondance de noms et d'anecdotes qui fusent de toutes parts (les descriptions de la vie dans la rédaction sont un régal). Véritable, témoignage sur une époque que certains qualifient d'âge d'or de la presse papier (et ils ont bien raison), Les Chroniques de Player One est un ouvrage indispensable et vraiment tout public. N'ayez donc pas peur si pour vous les jeux vidéo ou les mangas ne sont que des pertes de temps, vous risquez de changer assez vite d'avis...

19€ chez Pika Editions (soit juste 4€ de plus qu'un pauvre Map Pack de m**** de Modern Warfare 2, sachez bien placer votre argent).

mercredi 7 octobre 2009

La Saga des Jeux Vidéo (2009)


Un bon pavé de plus de 450 pages (sans images ni photos) sur une partie de l'histoire des jeux vidéo... non, ne partez pas tout de suite !

Dans ce livre, vous ne serez point inondé par de multiples termes barbares et autre megabytes de partout. Vous n'aurez pas non plus une rétrospective avec ses dates clés et ses évènements rangés dans un ordre chronologique aussi impersonnel qu'incroyablement ennuyant. Na na na na. C'est beaucoup plus malin et bien foutu de la part de l'auteur, Daniel Ichbian.

Il décompose son récit en plusieurs chapitres, chacun traitant d'un jeu ou d'une personnalité (auteur ou entreprise) qui a marqué à sa façon le jeu vidéo. Chacun de ces chapitres est prétexte à raconter la genèse d'une œuvre, d'un mouvement, qui changera de façon indélébile le monde du jeu vidéo, qui commence à peine à exister. On suivra donc la montée en puissance de Nintendo, la création ô combien originale d'Atari ou des mythiques Captain Blood, Myst et autres chef d'œuvre d'un divertissement qui se doit de se démarquer.

Encore mieux, l'auteur nous propose un fil rouge, celui de la vie de Philippe Ulrich, qui a connu la naissance de ce média jusqu'à son explosion et son expansion au début des années 2000. Grand auteur du jeu vidéo, il est le papa de la fameuse "french touch" et du studio Ere Informatique (connu principalement pour L'arche du Capitaine Blood). On suit de temps à autre dans le livre les différents évènements qui le touche, de sa reconnaissance (et de la reconnaissance du jeu vidéo comme véritable média) jusqu'à l'arrêt de son studio de développement, Cryo. Tout au long du livre, on suit la vie de cet homme, en se rendant compte qu'il subit les métamorphoses d'un média, tel une entité dépossédée de l'emprise de ses créateurs et qui détruit tout sur son passage. Rien que pour son histoire, ce livre est très intéressant.

Le style d'écriture est fluide, et on se délecte des nombreuses anecdotes. Cependant, ce livre s'adresse à une cible particulière : les non-joueurs. En fait, ce livre s'apparente plus à une invitation à la découverte de ce média par le biais de son histoire qui est véritablement passionnante (si si). Autant dire que si vous êtes un gros fan de jeu, ce livre ne vous apprendra pas grand chose de plus, et vous pourrez vous amuser à dénoncer les erreurs (peu nombreuses) commises par l'auteur.

D'ailleurs, ça me fait presque flipper de m'être rendu compte pendant la lecture que je connaissais déjà plus de la moitié des choses écrites... geek inside. Mais bon, rien que pour découvrir la vie de Philippe Ulrich, ce livre vaut le coup. Et puis, c'est édité chez les éditions Pix'n Love (gage de qualitay)...

456 pages, 15€ (hors frais de port), à lire avec le plaisir de la découverte (un peu comme avec les livres Chaire de Poule, mais avec plus d'ordinateurs et de gros geek dedans). En plus, ça fait tondeuse à gazon et vous porte chance à vous et vos animaux.

vendredi 4 septembre 2009

L'Histoire de Nintendo : Vol 1 (1889 - 1980)


J'entend d'ici plein de personnes (oula, au moins, pfiou, 5 internautes) dire "Waaa l'autre avec son bouquin sur Mario et les Pokémon, trooooop de la grosse merdeuu lololol *burp* Y'a même pas Lara Croft !!!" ou encore "Cay nuleu, ca va parler que de zeu vidéo." J'ai envie de hurler, de crier comme réponse :

non, c'est pas vrai d'abord

Car l'histoire de la société Nintendo est incroyablement passionnante, tant elle regorge d'anecdotes et de repères historiques en rapport avec la société japonaise, qui rapprochent autant les férues des jeux de la marque du plombier que les fans d'Histoire (à tombe bien, je fais partie des deux, ouaiiiiiiiiiiiis). Tout commence avec une petite fabrique familiale de carte à jouer à la fin du XIXe siècle après Jizous, pour devenir au début des années 1980 (la fin de ce premier volume) un géant de l'arcade, après diverses péripéties qui rendrait fous n'importe quel fan de K-2000 (Hasselhoff rules).

Nintendo s'est en effet essayé à quantité de domaines, pour à chaque fois parvenir à survivre face à des difficultés financières. Ainsi, grande surprise, on trouve vraiment de tout chez Nintendo : des jeux de carte, de société, du riz instantané, une poussette/canne, des jouets... on navigue de surprises en surprises, avec de superbes photos pour illustrer tout ces produits.


Ce recueil, véritable hommage, est une réussite totale, tant sur le plan de l'écriture (qui se laisse lire sans aucun soucis, avec nombre de détails forts croustillants) que sur le plan esthétique, avec une abondance de photos, qui en ferait presque un mini catalogue de la marque. Le travail de Florent Gorges est en tout point remarquable : il parvient à nous faire partager sa passion de manière tout à fait sincère, et nous emmène avec lui dans un voyage dans le temps que l'on suit avec le regard naïf et plein d'étoiles d'un gamin (si si, le même que celui qu'on avait quand on louchait devant les boîtes de jeux Super Nes). Une lecture très agréable, même si ça manque de pandas géants qui détruisent des villes avec des rayons laser à la place des yeux et Raffarin pour tous nous sauver en les combattant avec des attaques de Kung Fu des maîtres shaolins de Montargis. Mais c'est mon avis, hein. Bientôt le Vol 2, fin Septembre 2009 normalement.

15€ (hors frais de port), à acheter sur le site de
Pix'n Love Editions (qui sont d'ailleurs trop choupinoux).