
Deux fois dans ma vie je suis sorti d'une salle de cinéma en pleure et limite en me roulant par terre tellement ma crise de fou rire faisait exploser toutes les statistiques (on ne parle même plus d'incontinence à ce niveau là, et j'ai du me muscler les abdos comme si j'avais fait 100 heures de
total-gym), et ce pour deux films : le premier fut
Austin Powers : L'espion qui m'a tiré (pour de bonnes raisons) et le second fut
L'Honneur Du Dragon (pour d'autres raisons explosant toute notion méta-physique et qui redéfinit presque le terme nanar).
Mais avant tout, il faut expliquer deux-trois petites choses. Au départ, quand on est parti (Clément, Julien et moooa) voir ce film au cinéma, on s'attendait à voir un honnête film de kung-fu bien pêchu, car c'est Tony Jaa qui est la star du film. Ce petit thaïlandais s'est fait remarquer en 2004 avec
Ong Bak, un très bon film de combat qui apportait une certaine fraîcheur au genre avec un nouveau style de combat made in thaï qui se focalise surtout sur les coups avec les coudes et les genoux, pour un film bien violent et avec des cascades super bien foutues. Une bonne claque dans les règles de l'art, avec en plus un clip de
Tragédie juste avant le film (signe de classe ultime) avec le fameux "
Jreste Ghetto", une bonne grosse merde.
(what's up man ? waaaaaaaaaaaaa kung-fu fightiiiin in your face biatch !!!)Donc, si on décide d'aller voir
L'Honneur du Dragon, c'est uniquement pour ce petit gars, en espérant retrouver tout ce qui faisait le charme et la subtilité de
Ong Bak (des coups de tatane dans le boule quoi). Et là, le film dépasse toutes nos espérances : plutôt que d'être un navet, le film est une sorte de best-of de tout ce qu'est un nanar, autant dire une œuvre instantanément culte pour moi.
Attention, pour le scénario, c'est du lourd. Kham vit dans la forêt avec son popa et ses éléphants (les 5 premières minutes du film le montre en train de faire joujou avec son éléphant, grand moment de platitude), et décide d'aller dans la grande ville locale pour aller faire examiner ses éléphants par un vil vétérinaire pour savoir s'ils sont capables de participer à un concours. Mais diantre, les éléphants se font kidnapper devant les yeux vides et pleins de larmes du héros. Comme il a grave les boules, il décide d'aller trouver les vilains pour aller leur filer des tatanes.
Bon, vous allez me dire, c'est un film de baston, on s'en fout un peu du scénario. Mais regardez bien : il se fait voler des éléphants, des animaux de 500 kilos, en pleine ville. Premier fou rire tellement c'est bidon. Mais ce n'est que le début du film, qui se transforme dès lors en un superbe jeu vidéo.
(Kham fait pas joujou avec des poneys mais navec son néléphant na lui, na !)Sans que l'on sache comment, le héros retrouve la mafia (qui vole des éléphants pour ensuite les cuisiner, ouuuuh que c'est vilain) qui lui a volé ses éléphants, et commence à éclater un par un ses membres, pour retrouver le fameux Johnny, LE méchant qui lui a volé ses éléphants. Et c'est là la seule relique du héros pendant tout le film : "OU EST MON ELEPHANT ???!!!!!!" avec la variante "JOHNNY, OU EST MON ELEPHANT ????!!!!!". Voilà, j'ai résumé tous les dialogues du film, si l'on met à part quelques scène inutiles où les chefs de la mafia parlent entre eux de tout et de rien, même pas des éléphants.
Quand je dis que c'est un jeu vidéo, c'est parce que tout le film repose sur le système du "niveau" : le héros défonce quelques méchants de base, après des plus coriaces, jusqu'à un boss final un poil plus dur à battre. Et c'est ça pendant tout le film, autant dire que même si le film varie les situations au maximum (course poursuite en bateau, baston dans un restaurant, dans un parking contre des quads), impossible de ne pas se marrer devant un tel déluge de n'importe quoi.
(c'est moi le méchant, boss du level final, bwahaha)Ajoutez à cela un scénario bourré d'incohérences (un nombre incroyable de personnages, mais on ne sait rien d'eux, ni comment ils vont à la fin du film, Johnny, que deviens tu ??), le héros qui se barre d'un temple à un moment sans que l'on sache pourquoi, et qui revient 2 minutes après dans le même temple, en feu cette fois pour affronter un nouveau boss... hum bwi bwi c'est normal), et surtout la mythique scène de fin du film, où le héros voit le squelette de l'un de ses éléphants (et là il devient tout rouge, tout énervé), et combat le boss final en se servant des os de l'éléphant comme d'armes (il faut préciser que le héros se fait projeter dans le squelette, et ressort 10 secondes après avec deux os parfaitement accrochés aux deux bras, incohérence totale mais poilade assurée). Puis une super scène où il affronte une trentaine de gars en noir, et décide à chacun de leur péter un os, comme ça, pour le fun. Le fou rire devient incontrôlable à ce niveau là.
(feel da power of playskool ossement, t'entends ??!!!)Même quand le film veut bien faire, il s'y prend mal : une scène tout en plan séquence, où le héros monte un immense escalier avec pleins de méchants à défoncer, est super bien faites, mais on sent que vers la fin de cette scène Tony Jaa est à bout de souffle, et lance de façon aléatoire des chaises contre les murs... fin bref, une bonne idée bien gâchée, et encore un fou rire.
Bon, vous l'aurez compris, si vous avez survécu à la lecture de cette (longue) chronique, que
L'Honneur du Dragon est un pur nanar, et que sa construction en mode jeu vidéo est tout simplement jubilatoire. Et là, le terme mourir de rire n'a jamais été aussi près de la réalité.