LE VENDREDI
Lieu : MJC Rive gauche (west side of the river comme disaient les cyniques, tmtc)
Groupes : Catherine Schwartz (FR) ;
Retsar Baï Naïm (FR) ;
Pavé (FR) ;
Genital Jiggling (FR)
Tiens, tiens... Emergence Records qui fête ses 15 ans... et le petit père Vincent qui est à sa tête (chauve) s'est dit que ce serait trop chouette si l'on faisait un mini-festival pour fêter ça. Même qu'en plus le même soir on pourrait en profiter pour ajouter encore quelques sorties à son catalogue déjà bien fourni : l'EP posthume de
Fiction As Fact (qui poutre), le tout nouveau tout beau tout brillant EP de
Genital Jiggling (qui poutre aussi) ainsi que le premier 45t de
Retsar Baï Naïm (qui surdéchire, ouaip', j'ai tout plein de synonymes) et le premier 45t de
Catherine Schwartz (pas écouté encore, patapé svp). Ca fait grave plaisir, on a super envie de lui faire tout plein de bisous et en plus le bougre a même le droit à un petit endroit à côté du merch' et de la sono où sont exposés tout (trop) plein de ses sorties, par ordre chronologique, remontant ainsi au XXe avec sa première prod' en 1999 (oui, 15 ans, bravo, vous avez bien suivi) et ses dernières sorties directement dispo' dans sa distro', avec tout plein de trucs vraiment pas mal entre deux (du Youssouf Today, Lost Boys, Strong As Ten, Green Beret...). Bref, comme d'habitude on lui fait des gros bisous, on balance un big up à Rouen Veg pour la bouffe végé/vegan de qualitay et c'est parti pour la récap' de la première soirée !
Zou, ça envoie direct avec
Catherine Schwartz et son ponk/rock "à l'ancienne", genre 3 accords claqués sur une batterie rapide, un chant français énervé et le tout à 100 à l'heure, hop, pas de surprise, ça envoie du bois. Ce n'est pas vraiment ma came il faut l'avouer, j'ai toujours du mal avec ce style, mais il y a ce petit côté garage en plus qui fait pas mal à l'envie de sautiller sur leur zik. Pas fan de la voix mais pareil, c'est une question de goût. Malgré un début de set un poil mou, ça bouge gentiment sur scène et le public se chauffe doucement en remuant la tête. Pour les fans du style, ouaip', je ne suis pas le mieux placé pour en parler plus que ça. Mais c'est cool.
Retsar Baï Naïm m'avait pas mal retourné la tête lors de leur passage aux 3 Pièces pour une soirée qui était devenue totalement folle. Il faut dire que retrouver l'ancien chanteur de Youssouf Today dans un groupe de thrash/fast est on ne peut plus séduisant/bandant et je n'étais pas déçu. Pour ce soir c'est un poil différent, le chanteur était totalement déchiré sur scène. Si le début du set envoie du pâté comme il faut, au bout d'un moment pour je ne sais quelle raison le micro du chanteur disparaît et c'est à ce moment que ça devient chelou. Pas de chant par moments, parfois juste des cris par intermittence... et un final où le groupe commence à ranger son matos alors que le chanteur annonce une chanson qu'ils ont déjà joué... ouais, c'est sur, ça surprend. Dommage parce que ça envoyait vraiment avec des chansons courtes mais intenses pour une énergie assez folle. Pas une cata', nop, mais juste un peu déçu... pas grave, ce fut cool.
Aaaah,
Pavé... mine de rien je ne les avais pas vu depuis quelques temps alors que ce duo basse/batterie de math-rock instrumental enchaîne les dates et les sorties (chez tonton Emergence, of course). Début du set et pas de changement : c'est toujours aussi dingue techniquement, enchaînant des boucles improbables à la basse avec une batterie presque en roue libre. Je reste autant sur le cul à ce niveau, les gars arrivant à imposer des chansons au groove dingue tout en les complexifiant au fil des secondes. La bonne idée est que comme c'est rythmé on n'a pas le temps de s'emmerder et que même si ce n'est pas trop le style que j'écoute, force est d'admettre que les gars sont dans le haut du panier du style. Il y a même parfois une flûte traversière (et même une guitare) qui s'invite sur les morceaux histoire de rendre ça encore plus foufou. Foufou mais pas inécoutable ni branlette technique, choses TRES importante à souligner. Si vous kiffez veugra les trucs chelou à la Pneu, vous pouvez foncer.
Bon, vient le passage du report d'un set de
Genital Jiggling, exercice plus que fait-refait-rerefait sur ce blog. Je vais d'ailleurs pour le coup scinder ce paragraphe en deux parties, nommées après une intense réflexion 1 et 3, histoire d'inclure un peu d’interactivité et initier les nouveaux venus à la joie de connaître les Geni. Ouais, c'est trop ouf, je sais.
Si vous ne connaissez pas encore les
Genital Jiggling, que tu veux laver cette honte et par la même occasion gagner le droit d'avoir des petits papillons dans ton coeur, go en 3.
Si tu connais déjà par cœur ces quatre beaux mecs et que leur fast-core n'a plus de secret pour ta grande personne, go en 1.
1 : c'était cro bien, même que le guitariste il était super rigolo avec sa guitare, qu'on a porté Vincent Emergence, que le bassiste est décidément trop beau et trop fort, que c'était trop le bordel avec la bouée gonflable dans le public, et même que les gens ont repris les paroles. Les gars étaient en forme et bien carré, ça fait plaisir, achetez leur EP MAINTENANT !
3 :
Genital Jiggling livre un punk/hardcore/fast-core rapide avec des paroles inspirée autant par le végétarisme zombie que les cacahouètes dans les bars, le tout si possible en balançant du tube à la face du monde. Ca va vite, il y a même des refrains à reprendre en cœur, la bonne ambiance est là et les solos de guitares et de basses sont grave bons, tout comme la batterie en mode full auto (avec pas mal de nuances quand même). Environ plus d'une vingtaine de compos pour 35 minutes de set, pas de temps mort, un groupe carré, un rappel réclamé après les pleurs et les cris des femmes désormais enceintes... j'enjolive un peu mais c'était grave trop bien.
2 : haha, petit futé, il n'y a pas de paragraphe 2. Par contre il y a une
vidéo trop bien ici, c'est cadeau.
Fin des concerts et place à
DJ Toofull qui va balancer sa meilleure collection de vinyles de groupes de crust et... ah tiens, non, au final c'est du très lourd, avec
Thriller de
Jackson, le remix dance de
Kill My Boss de
Thrashington D.C. par
Digital Octopus... si bien que ça devient très vite l'anarchie dans la salle avec des pas de danse interdits par la convention de Genève et une chaleur toute moite qui s'installe immédiatement. Je n'ai malheureusement pas le temps d'en profiter plus vu que je suis un garçon tout fatigué et que le dodo m'appelle. Tiens, d'ailleurs, c'est bizarre tout ses spasmes et ce sentiment de fatigue d'un seul coup quand j'y pense...
LE SAMEDI
(avec 38°C de fièvre incluse, c'est cadeau)
Lieu : MJC Rive gauche
La morve au nez... les sinus remplis... le regard vide et perdu... c'est donc AU TAQUET que j'attaque cette deuxième soirée qui sera riche en aventure humaine, je l'espère très très fort en serrant mes petits poings, pas trop sinon je tombe dans le pommes ce qui n'est pas très lol.
Grosse caisse posée au milieu de la salle, un monsieur tout chevelu s'y avance avec sa guitare et vient nous prêcher dans les oreilles en s'énervant très fort sur les deux instruments, tout seul, avec l'instrument avec des sortes de clochettes au pied dont j'oublie toujours honteusement le nom pour faire du bruit dès qu'il tape au sol. C'est bien Grand Guru, c'est toujours un one-man band avec un rock au sens le plus norme du terme, primitif, où ça gueule et abuse de la pédale à effet Big Muff pour notre plus grand plaisir. Ca tape très fort sur la grosse caisse, on entend les petites clochettes et surtout les cris du Guru dans le micro. Ca envoie, ça te pousse à taper du pied à ton tour et bouger tes cheveux. Hop, une petite reprise de Kill My Boss de Thrashington D.C. et un final des familles pour un set un poil court et surtout pas aussi foufou que d'habitude, par manque d'ambiance et parce que début de soirée, mais ce fut bien sympa. La soirée commence bien en tout cas.
Bonne surprise avec le passage direct en seconde position des I Am A Curse. Toujours du screamo/hardcore-chaotique qui fait trèèèèès mal et avec un son énorme. Les quatre gars du Mans ne perdent pas de temps et nous violentent sans attendre, balançant leur musique lourde et puissante au possible, imposant une ambiance de dingue durant tout le set. On s'en prend plein la tronche, ça en impose à mort et les nouvelles compos pour le nouvel album défoncent tout (mention spéciale au batteur vraiment bluffant). Encore pas assez connu à mon goût, I Am A Curse est à ranger avec les Nine Eleven et autres groupes du style qui méritent amplement votre écoute, tant le set de ce soir fut aussi bref qu'intense et marquant. Miam.
Hop, vient la référence locale du hardcore bien tough, du genre à balancer de la bonne grosse mosh part, Lazare. Comme d'habitude, ce n'est absolument pas ma came donc je ne suis pas le mieux placé pour en parler mais il faut admettre que c'est la machine de guerre sur scène, avec toujours deux chanteurs, un GROS son et bien carré, le tout pour balancer du tube hardcore des familles. Pour tous les fans de Terror, Nasty et tout ce qui peut toucher au gros hardcore en général, ça ne m'étonnerait pas que ce soit une référence. Un set bien rentre dedans, ça a moshé, ça a balancé du coup de pied en l'air... bref, c'était du bon pour les fans, mais toujours pas mon truc.
Alors, déjà, j'aime beaucoup RVINES et son hardcore chaotique/nihiliste à la Converge. Par contre je ne connaissais pas du tout Prairie Litière et c'est plutôt normal vu que les gars tapent dans l'électro-noise, chose que j'écris sans vraiment trop savoir ce que ça veut dire, notez. Enfin, si, quand même : en gros les deux gars de ce groupe ont trouzemille pédales à effet sur une table et ils font joujou avec, tout en gueulant dans des appareils chelou et en tapant sur des cymbales pour faire du bruit. Avec le maximum de larsen et de saturation possible. Ca ne métonne pas trop de les voir donc en compagnie de RVINES tant l'addition de ces deux monstres de bruit et de destruction semble évidente quand il s'agit de tout détruire sur scène. C'est simple : ils ont déclenché l'apocalypse. Ni plus, ni moins. Et vas-y que je te rends minable avec des parties complétements dingues, soutenue par un chant limite animal et des passages de noise donc qui assassine encore plus notre cerveau qui prend déjà très cher. Je pense surtout à la fin du set, totalement dingue, où les membres des groupes sont à terre, triturant leurs instruments tout en nous achevant, ainsi que la scène avec un chanteur s'accrochant un peu partout. Ce fut monstrueux et prouve une fois de plus que RVINES est bien un groupe à suivre. Tandis que pour Prairie Litière je suis bien curieux maintenant, c'est malin. Enorme set qui a tout retourné.
Déjà le cinquième groupe de la soirée alors qu'il est minuit passé et Häshcut doit passer juste après la destruction totale, autant dire que c'est chaud... et puis leur rock/stoner s'installe, avec parfois un petit côté atmosphérique bien tripant, plonge toute la salle dans une ambiance rock presque palpable, avec des guitare accordées tellement bas que c'en est presque indécent. Et puis les compos se déploient, tout est joué avec passion... et ça marche, on rentre dedans, on est captivé par ce retour aux racines du rock. C'était pas gagné pour moi tant ce n'est pas trop mon style mais ça a marché et j'ai grave accroché. Mention spéciale à l'avant dernier morceau bien long et rempli de plein de bonnes idées. Un très bon set qui conclue parfaitement les concerts de cette soirée.
On continue à faire des gros bisous à monsieur Vincent Emergence en venant sautillant devant lui pendant son set de mix', avec ce soir pas mal de hip-hop, du Madonna et toujours des gens en pleine forme pour danser n'importe comment devant la scène. Pas le temps malheureusement d'en profiter au maximum car la maladie commence à avoir raison de moi et mon stock de mouchoirs périmé devient trop important, il est temps de rentrer. Encore un bon anniversaire à Emergence, un big up à toute l'orga' et aux groupes, ce fut vraiment cool comme soirées, avec des concerts de qualité et une bonne ambiance générale. On se revoit pour les 20 ans comme on dit !