Lieu : Bus Palludium
Groupes :
Social Suicide ;
Grave Maker ;
Kvelertak ;
The Ghost Inside ;
Comeback KidIl est 18h30, le
Bus Palludium ouvre enfin ses portes et difficile de ne pas se marrer dans la file d'attente : "videurs" à l'entrée avec des oreillettes, petite fouille des sacs et même des poches, double vérification du billet à l'intérieur, toute sortie est définitive donc impossible d'aller bouffer un truc dehors... pour presque on a l'impression de se rendre dans une grande salle. Alors que le
Bus Palludium est un endroit plutôt "coquet", du style pas forcément très grand mais à l'ambiance plutôt cool, quoiqu'il faut super sombre et qu'il y a de la moquette sur les murs... mais bon, l'acoustique est bonne, c'est le principal. Même si on a un sale goût dans la bouche en se disant qu'on a payé 24€ pour une salle comme les autres, soit beaucoup trop cher...
Social Suicide (hardcore/métal de Norvège, entre
Norma Jean et
Evergreen Terrace) arrive en premier. Tout le public n'est pas encore arrivé, on est très peu devant la scène et malgré les appels du chanteur à nous bouger, on va bien rester statique comme il faut. Détail amusant : un videur avec costard et oreillettes reste devant la scène pour s'assurer que tout se passe bien... ça dénote pas mal avec le gros bordel que nous assène
Social Suicide. Des parties déstructurées vraiment efficaces, de la mosh-part, des passages avec une batterie en mode mitraillette... manque de pot, il y a aussi du chant clair à certains moments et il est vraiment de trop... rien de traumatisant pour autant, même si, paradoxalement, il manque au groupe un "gros son", du genre à bien nous assommer. Ca blast, ça crie, mais ça fait vraiment trop bordélique... 20 petites minutes de set plutôt sympa mais rien de transcendant non plus.
La salle est bien pleine quand c'est au tour des canadiens de
Grave Maker. Hardcore two-step avec des gros passages mosh-part et tout le bouzin... mouais, pas trop ma came, mais c'est correctement exécuté et très loin des clichés que l'on peut voir chez les groupes français. Ici, pas de "
WESH FOUS LE BORDEL !!!" ou autre trucs pour faire gros tatoué. Non, là, juste des gars qui font du gros son et qui jouent. Pas de discours inutiles ni d'attitude en mousse, de la musique, point. Et c'est ce genre de trucs tout cons qui me fait écouter le set du groupe sans avoir envie de me crever les yeux et les oreilles. Sauf peut-être les karatés kid qui se réveillent et qui commencent leurs katas qui me font faire un bon gros
facepalm en me disant que ce soir, encore, je vais en chier... détail amusant, les videurs en mode oreillettes arrêtent les gars qui font des slams et veulent calmer les pogos... sinon,
Grave Maker, si vous kiffez le style, jetez-vous dessus.
La sono crache de la techno-dance pendant le changement de scène (mais merde, c'est quoi cet endroit !) et les norvégiens de
Kvelertak s'installent. Le groupe révélation de 2010 au genre indéfinissable (black/heavy metal - punk/hardcore) est fortement attendu. Les 6 gars (3 guitares !) prennent toute la scène et vont nous livrer un show juste monstrueux. On sentait déjà le potentiel "tubesque" des chansons du groupe sur leur album, mais impossible d'imaginer que ce soit aussi énorme en live. Son démentiel, chanteur sosie de
Framboisier avec des cheveux longs qui crie comme un taré, enchaînement de moments de bravoure (ces solos, raaaaaah !!)... une vraie tuerie. Le mélange des genres apporte un gros plus aux compos (passage purement black/métal avec petite mélo heavy qui arrive juste après pour ensuite un passage mosh-part ultra efficace... impossible à décrire, c'est juste trop bon) et l'ambiance monte carrément d'un cran avec un public déchaîné. Grosse performance pour probablement l'un des meilleurs groupes live du moment. Le groupe s'en va sous de bon gros applaudissements largement mérités. Gros coup de cœur de la soirée.
Pendant qu'on se fait spammer les oreilles par de la dance atroce (quand ce n'est pas du metalcore sponso MTV),
The Ghost Inside (Los Angeles HC gros, si si) se prépare à nous en mettre plein la gueule. On ne va pas être déçu et
The Ghost Inside va parfaitement remplir son rôle. Le groupe est d'ailleurs surpris que le public connaisse les paroles et très vite les stage-dive s'enchaînent (malgré le fait que la sécurité attrape les gars pour les faire descendre) pour tenter de choper le micro. L'ambiance est vraiment bonne... mais au premier rang seulement. Car juste derrière, c'est le coin des mosheurs : un grand trou au milieu du public pour laisser quelques gars se mettre sur la tronche. Forcément ça dégénère assez vite et les premières embrouilles arrivent, surtout quand ces cons foncent dans les gars qui n'ont pas demandé à se prendre un coup de latte en pleine tronche... mais revenons à
The Ghost Inside. C'est carré, c'est énergique et on prend grave son pied, surtout pendant les parties sing-along. Du bon gros hardcore bien efficace et qui évite les clichés du genre, j'achète. Très bon set de la part des ricains, le tout avec le sourire. 'Sont forts ces américains.
Les stars de la soirée, les fameux
Comeback Kid, arrivent enfin sur scène (il est 22h, wouhou). Un peu comme pour
Cancer Bats, vous vous en doutez, le set va être énorme, sans fausses notes, avec enchaînement de tubes, le tout les doigts dans le pif. On aura droit à des chansons de tous les albums (et celles du dernier ont un gros potentiel en live), du son ouf-guedin, de la sueur... je ne vous apprend rien, c'était une tuerie, avec le toujours mythique
Wake The Dead pour clôturer le tout dans l'apothéose. Très bon set, mais tout comme pour
The Ghost Inside, j'ai juste pris trop cher avec ces mosheurs du dimanche qui n'ont fait que foutre une sale ambiance. Entre un gars qui veut péter la gueule à la sécurité, un autre torse nu qui se bat avec un gars à coups de lattes, autant dire que c'est chiant... c'est déprimant de se faire massacrer des concerts par des gars qui n'ont rien compris à ce que devait être le "hardcore" comme ils disent et qui ne pensent qu'à faire les tough guys trop contents de montrer leurs muscles... au bout du 10e coup dans le bide, je décide de partir sur le côté, dégoûté. Vraiment dommage, car si on retire "
la cage à mosh" (dédicace à celui qui se reconnaîtra) du milieu de la sale, l'ambiance est vraiment bonne. Mais bon, impossible de vraiment profiter du concert avec cette ambiance pourrie...
Récapitulons : un excellent show avec de très bon groupes, une salle vraiment trop space (sérieux, des videurs pour empêcher les slams...) et une partie du public qui n'a décidément rien compris... ouais, c'est mitigé, et c'est d'autant plus frustrant que c'est de plus en plus de concerts qui sont gâchés par cette ambiance vraiment pourrie et cette montée du côté hardcore = baston... heureusement que la musique, le principal, était d'un haut niveau... pas déçu de ce côté là et on va essayer de ne garder que ça en mémoire...