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mercredi 24 octobre 2012
Le jeu vidéo par Bastien Vivès
Coup de cœur BD déjà sorti depuis plusieurs mois mais dont j'ai enfin pu poser mes gros doigt et mes yeux fatigués : Le Jeu Vidéo par Bastien Vivès (un auteur dont je vais dévorer ses anciennes œuvres maintenant). Une BD petite par le format (taille manga pour faire simple), tout en noir et blanc et traitant de ce loisir pour nous transformer en psychopathes et violeurs d'aliens. Il est toujours assez difficile de faire une BD sur ce sujet sans que ce soit casse gueule (le joueur passionné est une sale bestiole, je sais de quoi je parle j'en suis un). Sauf que là l'auteur n'hésite pas à larguer le lecteur lambda qui n'a pas les références pour certains de ses gags. Qu'importe, c'est un joueur passionné qui raconte des anecdotes et en invente d'autres, toujours dans l'optique de nous faire marrer. Et ca marche super bien à vrai dire, surtout grâce au décalage entre le dessins presque sans vie et volontairement statique et les dialogues et textes écrits à la main presque à l'arrache.
Mais surtout, surtout, ce qui m'a fait accrocher définitivement à cette BD, ce sont ses références au VS fighting. Déjà la couverture donne le ton mais c'est clairement un hommage à une époque (presque) révolue que l'auteur rend : l'ambiance dans les salles d'arcade où les gars se cherchent, déconnent et prennent du bon temps tout en s'éclatant la tronche sur Super Street IV. Si vous suivez un peu le monde des jeux de combat (et donc lisez la bible française Bas Gros Poing) vous allez prendre grave votre pied. Les vannes à base de "C'EST CA QU'ON VEUT !" ne parlerons pas à tout le monde mais on s'en fout, ça fait marrer ce qui comprennent et c'est bien là le principal. Une BD qu'elle est bonne à dévorer avec les yeux.
vendredi 27 juillet 2012
Garçon karaté
A la base j'avais beaucoup de mal avec Karate Boy (tout l'historique ici). Même si on y retrouve mes chouchous de Davy et M. Poulpe et que le style de la parodie me plaît énormément, j'avais beaucoup de mal à accrocher sur le long terme. Ah bah c'est sûr qu'au début on se bidonne bien comme dirait l'autre : faire une série en prenant exemple sur les pires films de série Z avec ce qu'il faut de faux raccords, micro qui apparaît à l'écran, cascade avec bonhommes en mousse et image qui saute, je ne peux que accrocher à la base et me marrer comme un con, tout seul. Oui, mais pas longtemps car le format a très vite ses limites et si je rigole et rigolerai toujours au mot "caca" prononcé par Karate Boy, le reste m'a assez vite saoulé. C'est le genre de série à regarder par petits bouts, sinon ça tourne en rond très vite. Mais si vous voulez vous faire votre propre opinion de la chose, je vous recommande de tout visionner si ce n'est pas déjà fait. Pour les plus tarés il y a même un DVD de sorti regroupant la saison 1 (oui, car il y a une saison 2) mais les auteurs eux-mêmes crient au scandale et à la blague un peu cher... ce qui est tout le contraire de cette BD.
Conçue elle aussi comme un hommage, cette fois les deux gus s'attaquent à la BD bas de gamme des années 70-80 (voir même avant) en proposant un recueil d'un magazine fictif : Karate Boy Magazine. Tout y passe : l'édito tout pourri et faux-cul du rédac' chef, différentes rubriques avec des jeux alacon, des photos des acteurs de "ta série préférée", et surtout la BD en plusieurs épisode de Karate Boy. Autant dire qu'ils se sont lâché : encre qui bave, couleurs qui dépassent des traits, texte mal agencé, dialogues pourris et intrigue à peine plus évoluée que la série TV... c'est juste énorme, on a l'impression de lire un de nos vieux Picsou Magazine tout baveux et, c'est là le principal, c'est drôle. Surtout de voir la BD dessinée par M. Poulpe qui déchire grave et relègue les énigmes de Mickey Magazine au rang de rébus pour grande section maternelle.
J'ai vraiment envie de beaucoup parler de l'ouvrage en lui-même pour vous le conseiller mais ce serait complétement gâché la surprise. TOUT est collector et réussi. Je suis sur le cul de trouver un ouvrage original, aussi bordélique qu'incroyablement soigné, alors que les deux auraient pu choisir la facilité et se contenter d'une histoire vite fait. Mais non, ils ont fait les choses en grand, les choses en bien. A savourer le plus vite possible.
mercredi 11 juillet 2012
Take 41 boules and call me lame
Je comprends tout à fait que l'on peut avoir beaucoup de mal avec Davy Mourier. C'est vrai, il fait souvent des blagues d'un goût assez douteux, il est petit, il a une collection indécente de consoles de jeux portables (raaaaaaah une PC Engine GT), travaille à Nolife... ouais, il peut aussi paraître foncièrement énervant. Mais perso' depuis les quelques années où je suis son travail, j'accroche énormément et il suffit de voir les fruits de son travail avec Mr Poulpe (Le Golden Show en est le meilleur exemple) pour se rendre compte du talent du gars. Mieux encore : il se trouve que monsieur sait très bien faire de la BD.
J'avais beaucoup aimé Il était une fois... et Papa, Maman... (d'ailleurs je l'avais chroniqué), BD aussi sincère et intimiste que très originale dans son apparence, autant dire que j'attendais sa nouvelle œuvre avec pas mal d'impatience. Manque de pot, à la base, quand j'apprends qu'il va adapter sa série épisodique de son blog Badstrip "41€", je prends peur. Une mini-série, à raison d'une petite histoire de 3 cases maxi, qui racontent un personnage se rendant chez son psy, avec toutes les question métaphysiques et pipi-caca-cul que ça peut engendrer. On reconnaît facilement dans le personnage l'auteur lui-même, se décrivant comme quelqu'un se posant énormément de question sur sa vie et le pourquoi du comment de tout et n'importe quoi (surtout quand il y a des poils). C'est sympatoche, pas forcément drôle (c'est fait parfois bien réfléchir) mais ça se déguste par petites tranches, comme sur un blog de temps en temps. Voir ça sur une BD pendant un quarantaines de pages... et bah encore une fois j'avais tort.
41€ pour une poignée de psychotropes est un ovni. Déjà l'objet en lui-même se présente sous la forme d'un cahier à spirale format A5 que l'on a tous eu durant notre période de l'école primaire/collège. Intriguant. Les pages en elles-mêmes sont composées de collages, de gribouillis, de fausses déchirures, tâches d'encre... on a vraiment l'impression d'avoir entre les mains un cahier gribouillé où l'on s'est amusé à coller tout plein de choses, du carton de la boîte de médicaments aux photos de classes... c'est du très bon boulot et ça fait son petit effet, rendant déjà par son apparence le bouquin unique.
Mais ça cause de quoi donc ? outre les planches de la saga 41€ (qui représentent la moitié du bouquin), on a le droit à une sorte d'autobiographie mélancolique de Davy, qui racontent son enfance et sa fameuse histoire d'amour qui l'a rendu dépressif. Tantôt on sourit, tantôt on se sent toucher par ce qui est dit. On réfléchit, on se questionne... merde Davy, comme avec ton ancienne BD, tu me surprends. C'est souvent sombre, certaines pages ne contiennent que des longs textes à peine illustrés qui peuvent faire cliché par leur côté un peu "clown triste" mais non, c'est vraiment beau et bien écrit. On se laisse transporter par cette introspection de ta personnalité, on se sent presque voyeur tant tu te livres mais on le fait avec un véritable plaisir.
Un an plus tard Davy récidive avec 50 francs pour tout, une sorte de séquelle qui n'en est pas vraiment une mais qui reprend toutes les qualités de son grand frère, ajoutant une noirceur encore plus forte et inattendue. Les thèmes abordés sont toujours les mêmes : pourquoi devons nous grandir, pourquoi ne voulons nous pas oublier notre passé et refuser de vivre... avec toujours entre deux les blagues qu'il faut pour nous rappeler qu'on est quand même là pour passer un bon moment nostalgique. Et ça marche toujours aussi bien, surtout que celui-là je me le suis enfilé d'une traite.
Peut-être parce que je me sens directement touché par les thèmes abordés, peut-être parce que moi aussi je me pose beaucoup trop de questions, peut-être parce que j'aime tout simplement ce que tu fais Davy que j'adore ces deux BD. Mais au delà du mode groupie de base il faut admettre un talent réel d'écriture et de dessin, chose que parfois l'on a tendance à oublier entre tes milliers de blagues sur les pubis et le coït anal. Vous pouvez foncer acheter ces deux ouvrages, c'est de la bonne.
mercredi 17 novembre 2010
Le Combat ordinaire (Larcenet)

Depuis tout petit j'adore la bande dessinée. Mon seul soucis est que je n'ai lu que des classiques : Spirou, Tintin, Gaston Lagaffe, Achille Talon, Gotlieb... de l'excellent, du superbe, rien à redire, non. Le problème est que je ne me suis jamais intéressé à autre chose, trop occupé que j'étais avec les mangas, les comics, les jeux et la musique. C'est donc des années après tout le monde que je découvre Le Combat ordinaire de Larcenet. Et putain, j'en ai encore l'estomac qui se retourne rien que d'en parler.
Style épuré, dessins "simplistes" mais qui dégagent une vraie âme, scénario passionnant... je ne suis vraiment pas qualifié pour décrire une BD, mais je peux vous dire est que Le Combat ordinaire est sincère et m'a profondément touché, avec la larme à l'œil à de nombreux moments. Peut-être parce que je m'identifie beaucoup au personnage principal, victime de crises d'angoisses, se posant des questions sur ce qui l'entoure tout en essayant de ne pas "s'intégrer", ses peurs face à l'inexorable... rien que pour ça, cette BD est une réussite totale.
Mais non, il faut aussi que les dialogues soient parfaits, que l'humour arrive au bon moment et que le tragique et l'émotion nous arrivent en pleine gueule sans nous prévenir. Du grand art. Chaque case dégage quelque chose de rare, de puissant, qui nous scotche littéralement. Bluffant...
Impossible à décrire, Le Combat ordinaire se lit, se vit. Peut-être vous ne serez pas aussi touché que moi, mais qu'importe. C'est mon gros coup de cœur du moment, tellement que je me suis enfilé les 4 Tomes d'une traite, limite comme un plaisir masochiste à vouloir me faire pleurer. A noter, le 4e Tome explose tout ce que j'ai pu lire avant traitant de la politique, avec une facilité déconcertante. Et comment ne pas aimer une BD où l'auteur glisse des références à NoFX, Bad Religion, The Clash, Dead Kennedys...
dimanche 20 septembre 2009
Il était une fois... une fille que j'ai rencontré deux fois / Papa, maman, une maladie et moi
Davy, pour ceux qui ne le connaissent que par le biais de vidéos tournant sur le ouaib et sur Nolife (ou même la série Nerdz), c'est un gars super cool (même que je le kif trop du boule). Fan de jeux vidéo, de mangas, de comics, de dividis, de bd, d'Apple... (la liste est encore longue) c'est aussi un dessinateur, et il le prouve pratiquement quotidiennement sur son blog. Un bon petit gars, avec beaucoup de talent, et aussi ses faiblesses, qu'il n'hésite pas à évoquer dans ses dessins, comme une thérapie. Et merde, parfois je me retrouve dans ses peurs, malgré le fait que je sois encore qu'un jeuno ('fin lui aussi, hein, juste un peu plus vieux, huhu). Un mec humain et sincère en quelque sorte. Et voilà qu'il réalise son rêve d'enfant, à savoir publier en bande dessinées ses planches.
Surprise : il nous propose non pas une, non pas trois, mais bien deux BD pour une seule, Il était une fois... une fille que j'ai rencontré deux fois et Papa, maman, une maladie et moi (grâce à l'ingénieux système "tu-retourne-lebouquin-t'en-a-un-autre", réversible quoi). Les fans du blog savent d'avance de quoi je parle, vu que Davy les a déjà dessinés dessus. Mais pour leur sortie sur du vrai papier qui brilllleeeeeee et qui est tout doux au toucher, il a quand même bien retaper les planches, rendant la version ouaib 2.0 complétement obsolète. Et bordel que c'est du bon boulot : vernis sélectif sur les couvertures, dessins refait et ajout de photos numérisées pour les décors (procédé bien sympa et assez inédit, surtout pour les scènes avec MSN)...
Tout ça serait bien sûr bien tout pourri si les histoires n'étaient pas intéressantes... suspens... bon, elles le sont, ouf. Deux histoires bien différentes, deux concepts aussi : d'un côté l'histoire vraie de Davy qui raconte son histoire d'amour à distance puis "pas-à-distance" avec une fille qu'il a rencontré sur Internet, de l'autre côté l'histoire vraie de Davy et de son père qui va passer un examen médicale assez lourd... surtout pour une certaine partie de son anatomie...
Deux concepts, mais un talent certain pour raconter les histoires. Pour son histoire d'amour, on s'étonne de lire un Davy qui laisse de côté l'humour pour une sincérité de chaque instants, pour un récit tout en finesse (même si parfois... je vous laisse découvrir) et au dessin toujours aussi simpliste (mais qui possède son charme que moi j'adore cro). Loin de tout artifice, c'est une histoire touchante qu'on lit d'une traite. D'autant plus touchante pour moi que je me suis reconnu dans certaines cases...
Pour l'histoire n'avec son popa, on a plutôt à faire à un récit imagé, comprenez par là que Davy cause beaucoup et n'illustre ses propos que par des pitits dessins. Et là, c'est son talent pour nous faire rire qui domine. On retrouve sa pâte, cet humour si particulier à la fois bien noir, mais aussi fin et bien recherché (y'a aussi du pipi-caca, je vous rassure), et ce mélange de textes tristes et drôles, donnant un contraste vraiment très réussi (avec un final tout en finesse, mais ô combien jouissif). Difficile de décrire cette BD, mais c'est également une réussite. C'est même ma préféré parmi les deux (mais de peu).
Deux Bidis de qualitay, un artiste sincère (je me répète, je sais), une blague sur Télé Matin... que demander de plus... à se procurer (en allant par ici), merci d'avance pour lui.
Surprise : il nous propose non pas une, non pas trois, mais bien deux BD pour une seule, Il était une fois... une fille que j'ai rencontré deux fois et Papa, maman, une maladie et moi (grâce à l'ingénieux système "tu-retourne-lebouquin-t'en-a-un-autre", réversible quoi). Les fans du blog savent d'avance de quoi je parle, vu que Davy les a déjà dessinés dessus. Mais pour leur sortie sur du vrai papier qui brilllleeeeeee et qui est tout doux au toucher, il a quand même bien retaper les planches, rendant la version ouaib 2.0 complétement obsolète. Et bordel que c'est du bon boulot : vernis sélectif sur les couvertures, dessins refait et ajout de photos numérisées pour les décors (procédé bien sympa et assez inédit, surtout pour les scènes avec MSN)...
Tout ça serait bien sûr bien tout pourri si les histoires n'étaient pas intéressantes... suspens... bon, elles le sont, ouf. Deux histoires bien différentes, deux concepts aussi : d'un côté l'histoire vraie de Davy qui raconte son histoire d'amour à distance puis "pas-à-distance" avec une fille qu'il a rencontré sur Internet, de l'autre côté l'histoire vraie de Davy et de son père qui va passer un examen médicale assez lourd... surtout pour une certaine partie de son anatomie...Deux concepts, mais un talent certain pour raconter les histoires. Pour son histoire d'amour, on s'étonne de lire un Davy qui laisse de côté l'humour pour une sincérité de chaque instants, pour un récit tout en finesse (même si parfois... je vous laisse découvrir) et au dessin toujours aussi simpliste (mais qui possède son charme que moi j'adore cro). Loin de tout artifice, c'est une histoire touchante qu'on lit d'une traite. D'autant plus touchante pour moi que je me suis reconnu dans certaines cases...
Pour l'histoire n'avec son popa, on a plutôt à faire à un récit imagé, comprenez par là que Davy cause beaucoup et n'illustre ses propos que par des pitits dessins. Et là, c'est son talent pour nous faire rire qui domine. On retrouve sa pâte, cet humour si particulier à la fois bien noir, mais aussi fin et bien recherché (y'a aussi du pipi-caca, je vous rassure), et ce mélange de textes tristes et drôles, donnant un contraste vraiment très réussi (avec un final tout en finesse, mais ô combien jouissif). Difficile de décrire cette BD, mais c'est également une réussite. C'est même ma préféré parmi les deux (mais de peu).Deux Bidis de qualitay, un artiste sincère (je me répète, je sais), une blague sur Télé Matin... que demander de plus... à se procurer (en allant par ici), merci d'avance pour lui.
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