
Sabres laser, délires 8-bits, un maître d'arts martiaux scatophile, un otaku avec son chat, des toilettes, du sexe à peine suggéré, une moto géante, déminer une plage, retrouver les balles d'un ivrogne russe... ça se passe comme ça à Santa Destroy, lieu de la perdition et surtout du grand n'importe quoi jubilatoire et orgasmique du jeu No More Heroes sur Wii. Hommage et parodie du jeu vidéo, ce faux GTA-like est un ovni, un jeu à la fois basique mais d'une originalité abyssale. Ou quand les délires d'un artiste (en l'occurrence le mystérieux Suda 51) prennent vie.
TOUT est n'importe quoi dans ce jeu, à commencer par son scénario : Travis Touchdown, un otaku d'habitude occupé par son look et ses vidéos pornos, se retrouve à tuer pour les yeux d'une belle blonde un assassin. En faisant cela, il devient le 11e meilleur assassin du coin. A lui d'obtenir la première place pour obtenir les faveurs de la mystérieuse blonde... c'est très con, oui, et ce n'est que le synopsis. C'est que pendant la dizaine d'heures que vous occupera le jeu, vous allez en voir des conneries...
Je passe très vite sur le système de jeu, vraiment secondaire : on se balade donc dans Santa Destroy, une ville incroyablement vide, pour aller remplir des missions d'assassinats ou des jobs (comme ramasser des noix de coco, des scorpions, remplir les voitures d'essence...) pour se faire de l'argent et ainsi payer les frais d'inscriptions pour participer aux combats classés pour monter dans le classement des best killer of ze world. Et bien entendu, entre chaque combats, acheter des améliorations, s'entraîner... le système de combat est très basique (un bouton pour attaquer, le nunchuk pour se déplacer), et les "finish-moves" se font en dirigeant la wimote du bon côté au bon moment. C'est très simple et très efficace.
On attaque donc le gros du morceau : l'univers du jeu. Si vous êtes fan de jeux vidéo, vous allez tomber à la renverse, tant tout le jeu est un hommage entier à la grande époque des jeux 8 bits : les icônes, les bruitages, le côté basique des combats, le scénario stupide au possible... tout est fait pour se rappeler que l'on est bien dans un jeu. Le graphisme est peut-être très sommaire (malgré l'utilisation très stylisée du cel-shading qui fait son effet), mais on s'en fout royalement, on rentre dans un trip ultra addictif et plus qu'acidulé, complétement barré. Rien que le fait de sauvegarder sa progression en s'asseyant sur les chiottes, le shoot'em up qui s'enclenche pendant le rêve du héros ou tous les autres trip comme la scène finale d'un niveau de débilité très élevé... tout est collector. A noter aussi que les 10 fameux boss du jeu, les 10 meilleurs tueurs, ont tous un design complétement barré et un charisme qui met à l'amende 90% des boss de tous les autres jeux. C'te classe.
No More Heroes est un jeu indispensable pour tout gamer qui se respecte, très loin devant tous les jeux pré-mâchés qui sortent de plus en plus ces temps-ci. Et malgré ses défauts (trop court, des passages parfois crispants à cause de la mauvaise gestion de la caméra, des allers-retours parfois longs dans une ville beaucoup trop vide...), on reste collé devant l'écran. Il fait partie de ces jeux où l'aspect graphique passe clairement au second rang pour mettre en avant l'univers et le game design, ici surréaliste et hilarant à chaque moment. Un appel au n'importe quoi qui se permet de parodier toute la pop culture avec un humour décapant, au service d'un jeu certes basique mais fun. Et c'est bien là le principal.
A noter que le jeu, disponible sur Wii pour 10€ environ en neuf (bah ouais, il ne s'est pas vendu, snif), va connaître une suite (toujours sur Wii) et qu'un remake va sortir sur Xbox 360 et PS3. Foncez, ça vaut le coup.
A noter qu'il n'y a pas de sang dans la version européenne et japonaise. Pour une fois, ce sont les américains qui ont la version non censurée... les temps changent...




















