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mercredi 10 juillet 2013

La magie au service de sa majesté

J'aime pas les magiciens. Je n'aime pas ces gens là parce que je sais qu'il y a un truc et qu'ils ne veulent jamais le dire. Ce qui fait que quand je vois un tour fait par ces troubadours de la prestidigitation je ne profite pas du spectacle, je ne pense qu'au "truc", à "MAIS BORDAYL COMMENT IL/ELLE FAIT ?" et je finis souvent sous la douche tout habillé en position fœtale à me lamenter sur mon incapacité à avoir des yeux d'enfant et de faire apparaître des poussières d'étoile à la volée dans mon petit cœur.


C'est pour ça que j'aime beaucoup la série Gravel. Pas seulement parce que c'est monsieur Warren "Transmetropolitan" Ellis (et auteur de trouzemilliars d'autres comics souvent excellents) à l'écriture. J'aime bien parce qu'on suit les aventures d'un agent secret anglais, William Gravel, qui a la base est un bon gros bourrin des familles mais aussi un magicien. Non, pas de tour de magie avec des chapeaux ou faire voler la Tour Eiffel avec une capote gonflée à l'hélium, na, je parle de PUTAIN DE POUVOIRS D'ELEMENTALISTE qui rendrait jaloux le magicien lambda d'un jeu de rôle. Ce mec peut transformer les balles de son flingue en incendiaires, découper un homme d'un simple geste de la main, utiliser des ingrédients chelou pour concocter des potions de ouf, réussir à replier une carte routière du premier coup... cela donne un guerrier surpuissant, violent, badass et en quête de vengeance, défonçant du magicien occulte et pas gentil par paquet. C'est aussi intéressant à lire que le pitch est original, avec toujours cet humour noir et ce côté mature de Ellis. Si je ne suis pas forcément fan du nouveau dessinateur ça reste quand même très sympatoche à lire pour tout fan de comics voulant quelque chose de différent. Pas la série de la décennie (c'est très cliché par moment on ne va pas se mentir) mais un bon défouloir, oui ma bonne dame.

Note : pour finir l'article je me suis dit que ce serait cool de mettre du Queen avec "It's A King Of Magic" parce que rapport au texte, à l’Angleterre, tout ça... et puis je suis tombé sur cette vidéo et je reste bloqué sur la ressemblance étrange entre ce chanteur et Jesse Pinkman de Breaking Bad. Sans déconner c'est flippant. Le look des musiciens aussi mais je m'égare...


vendredi 16 novembre 2012

Le quatrième mur inexistant et la classe canadienne

Alors là, franchement, je me demande comment j'ai pu louper ça. Certes, cela fait peu de temps que je lis réellement des comics (près de 2 ans) mais quand même, passer à côté de Deadpool... bon en même temps j'étais pas aidé car ce n'est que depuis récemment que l'on a le droit à pas mal de ses aventures traduites en français (non pas que l'anglais me dérange mais j'avoue avoir la flemme de prendre tout en import et puis ça coûte bonbon, crotte quoi). Mais, pfiou... la tuerie absolue quoi. LE personnage, LE super-héros de comics vraiment intéressant pour moi. Et si j'avais un Skyblog, Deadpool serait mon image d'avatar, il serait en fond d'écran en mosaïque et j'irai vomir des commentaires sur tous les fans de Spider-Man à base de "Tro dla merde looool Peter Parker la tarlouze !" avec comme pseudo "SpideyestgaymaispasDeadpoolbiotch". La grande classe.



"Mais c'est quoi donc Deadpool, fichtre ?" que tu me demandes cher lecteur (et je t'en remercie de faire avancer cet article alors que je n'ai aucune idée de comment meubler le structurer). Deadpool est un personnage de comics de l'univers Marvel (de chez tonton Mickey je rappelle) qui fut d'abord un super-vilain pour devenir un anti-héros. De son nom Wade Wilson, Deadpool est un mercenaire ayant un passé assez trouble. Et plutôt que de vous le raconter et me faire défoncer par n'importe quel fan hardcore (car avec toutes les séries et reboot, l'histoire d'un perso' subit une tétrachié de changements), je vais faire simple : alors qu'il se sait condamné par de multiples tumeurs, Wade, alors agent de la CIA, accepte d'être le cobaye d'une expérience où il se fait injecter un produit assez bizarre le transformant en Wolwerine sous acide sans les griffes mais avec des armes (si possible les plus grosses et celles qui font le plus de bruit possible). Si l'expérience est un échec et lui détruit totalement le visage et sa peau en général (d'où sa combinaison intégrale avec cagoule intégrée), cela lui donne un pouvoir régénérant monstrueux (il peut même se faire décapiter, ses nerfs peuvent se reconnecter à son corps) qui lui permet de... bah de devenir le mercenaire le plus surpuissant de l'univers. Ultra à l'aise avec toutes sortes d'armes (surtout ses katanas qu'il a toujours sur lui), il est extrêmement dangereux et efficace. Mais pas que, il a surtout en sa possession un pouvoir assez unique : il sait qu'il est un personnage de comics.



Ouais. Dit comme ça on pige pas forcément le potentiel du bouzin mais c'est juste une putain d'idée de génie. Déjà que le personnage est ultra cynique, irrévérencieux et qu'il se fout pratiquement de la gueule de tout le monde, il se permet en plus de nous parler directement à nous lecteurs ou même à l'auteur. Quatrième mur explosé à l'arme nucléaire, on peut le dire. Si déjà à la base le personnage est surpuissant de classe et extrêmement drôle (son cynisme lui donne un charme fou), le fait qu'il assume toutes les conneries dans lesquelles il nous amène et considère tout ça comme une grande farce donne un vent d'air frais très appréciable au monde très étriqué des personnages Marvel. Oh, et ne soyez pas surpris si plusieurs voix dans sa tête s'expriment, c'est tout à fait normal.



La fatality qui rend encore plus accroc à cette série est son abondance de références à la culture geek et d'Internet en général. Oui, ça blague sur WoW, Twitter, Les Nuls (si si) et tout plein d'autres choses... et on peut saluer le travail de traduction en français qui a dû être colossal qui est franchement réussi. Deadpool ça se dévore sans modérations, c'est découpé en tout plein de séries toutes intéressantes (et parfois très sombres et surprenantes comme Pulp ou Max) et c'est surtout l'occasion de voir Hulk s'énerver comme jamais pour tenter de tuer un gars pratiquement immortel... à bon entendeur.



Note : je n'ai volontairement pas parlé des dessinateurs ou des scénaristes tout simplement parce que je suis incapable de vous dire qui l'a créé et dessiné en premier. Un nombre important d'artistes sont passés sur cette série (ce n'est pas sale) et c'est selon les goûts de chacun. Et à vrai dire je ne connais pas assez bien les différentes séries pour vous conseiller un auteur plus qu'un autre. Mais foncez quand même, hein, genre les Deadpool Corps sont un excellent début.

mercredi 2 mai 2012

Zomzom du démon


Vraiment, pour arriver à me mettre mal à l'aise avec un comics, il faut y aller. Après m'être enchaîné The Preacher, The Boys, Transmopolitain et après avoir lu presque d'une seule traite les Berserk, il en faut VRAIMENT beaucoup pour me choquer. Et là, vlan, le scénariste de The Boys nous balance Crossed. Tellement gore, trash, hardcore et immoral que ça ne tient "que" en deux tomes. L'histoire ? pfiou, trois fois rien : par on ne sait quel évènement (virus, châtiment divin, boîte à rythme de Bjork qui explose) une partie de la population mondiale devient tarée. Mais quand je dis tarée, je dis par là complétement folle, transformant n'importe quelle personne en monstre de la pire espèce. Les gens deviennent des violeurs, s'amusant à enfoncer leur zboub dans n'importe quelle partie du corps et se plaisant à sortir les pires jurons tout en découpant un enfant, décapitant un passant qui s'il est lui même infecté sera limite en train de jouir de ce qu'il lui arrive.

Ouais, même en me relisant je me dis que c'est foutrement dégueulasse. Et pourtant, j'ai l'impression d'être loin de la vérité...
(vui, c'est gore, vous êtes prévenu)

Vous l'aurez compris, Crossed est réservé à un public adulte TRES averti, capable de ne pas vomir ou se sentir choqué s'il voit du sang ou une situation ouvertement atroce. Et pourtant, dire que Crossed n'est que ça serait totalement mentir. On suit les aventures d'un groupe de survivant composé de gens tout à fait communs (attention aux apparences toutefois...) tentant de... survivre, oui. Comme d'hab' avec Garth Ennis (scénariste/dieu vivant), tout n'est pas gratuit et les scènes de dialogues font passer plein de messages que je vous laisse décoder (et ça balance) tout en calmant la violence avec parfois cet humour noir qui arrive sans prévenir... c'est un excellent boulot encore une fois et l'écriture a fait l'objet d'une finition à tous les niveaux. Le dessin (par Jacen Burrows) est excellent également, sachant être détaillé et "crade" à la fois (difficile comme style à décrire, je ne suis pas spécialiste, pardon aux familles et tout) s'adaptant parfaitement aux textes. Deux tomes ça peut paraître court mais ne vous inquiétez pas : plus long on aurait difficilement tenu face à tant de tensions.

Et que dire de ça... Crossed : Valeurs Familiales

 (au moins la pochette donne le ton)

Un one-shot par deux autres auteurs (David Lapham au scénario et Javier Barreno au dessin) qui garde le même principe de base (les gens deviennent foufous, ça viole et tue dans tous les sens) en essayant d'aller le plus loin possible dans l'amoral et le malsain, sous fond d'une histoire de famille assez atypique. Si si. Sans déconner : ce bouquin est VRAIMENT MAIS ALORS VRAIMENT RESERVE A UN PUBLIC ADULTE ! ça va TREEEEEEEEEEES loin, c'est presque indescriptible tant c'est violent... et c'est putain de jouissif. Si on ne retrouve pas le même humour noir que seul sait amener Garth Ennis, difficile de faire la fine bouche quand vous êtes fan de gore grotesque et de zomzom. Limite Brain Dead à côté paraît fade, c'est dire... amateur de sauce BBQ et de boucherie, tu seras fan de Crossed, oh que oui.

Pour calmer un peu tout le monde je vous met une vidéo avec un chat. Ou plutôt faite par un chat. BREF, ça calme. Bordel.

mercredi 25 janvier 2012

Nemesis n'avec de l'argent n'et des gros flingues



Kick-Ass, le comics et le film sur l'ado qui veut devenir super-héros, vous connaissez ? vous avez grave adoré ? je vous comprends et c'est tout à fait normal vu comment ça déboîte grave. Ca vous dit un autre comics du même scénariste ? alors je vous explique rapidement : imaginez le personnage du Joker de Batman, sans le maquillage mais avec beaucoup, beaucoup plus de thunes, encore plus violent et encore plus taré. Ca ferait un sacré beau salaud, nop ? allez hop, Mark Millar l'imagine et lui donne la place d'anti-héros. Déjà, ça claque. Ajoutez à cela le meilleur flic du monde qui veut à tout prix l'arrêter, car là le gentil il en a marre de voir ses potos se faire éclater la tronche à coup de TGV (véridique). On rajoute une violence qui semble ne se donner aucune limite, de l'auto-dérision, on agite tout ça et hop, on obtient Nemesis.




Nemesis, ou comment un méchant s'amuse comme un fou-fou à faire les trucs les plus tarés dans un petit tome. On sent très vite que ce comics est une sorte de gros délire pour les deux auteurs (Mark Millar au scénar' et Steve McNiven au dessin) n'hésitant à aller trèèèèèèèèès loin dans la violence gratuite et graphique. Je vous laisse découvrir par vous-même, histoire de ne pas vous spoiler les idées de dingue du Nemesis. Toute façon ce qui fait la grande force de tout ça, c'est la PUTAIN DE CLASSE DU MECHANT !!!! et ça, ça fait tout ma bonne dame.



Ca se lit plutôt vite, c'est réservé à un public très averti et ça se savoure bien comme il faut, même s'il faut se mettre d'accord dès le début qu'on va lire un gros n'importe quoi de violence et de saloperie. A acheter c'est ton marchand préféré entre deux pochette Panini sur tes joueurs de curling préférés.

jeudi 24 mars 2011

L'enfer c'est les autres (bouh les méchants)


Il FAUT que vous lisiez Walking Dead. D'ailleurs, si vous lisiez Walking Dead, vous ne seriez pas ici à lire ceci. Si vous ne lisez pas encore Walking Dead, vous loupez un épisode entier de l'histoire du comics/bande dessinée, rien que ça.

Toute façon, vous connaissez déjà l'histoire (si ce n'est pas le cas, vous craignez, et craindre, ça craint trop, t'as vu) de ce groupe de survivants, errant dans un futur où l'invasion des zombies a eu lieu, et qui nous fait bien comprendre que le vrai danger n'est pas le zombie en lui-même mais l'être humain...

C'est intelligent, dramatique, noir, et effrayant de cohérence... mais de toute façon, vous connaissez déjà tout ça, vu que vous avez du goût et que vous vous délectez de chaque pages de chaque tomes de ce délicieux comics, n'est-ce pas ? dans tous les cas, Walking Dead, mangez-en. C'est tellement surpuissant que je suis obligé de contre balancer autant de classe avec un truc bien cheap :



BLAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!

mercredi 19 janvier 2011

Les p'tits gars



Alors là, attention, on va aborder ce qui est une œuvre déjà culte et ô combien jouissive : The Boys.

Quand le scénariste de The Preacher rencontre le dessinateur de Transmopolitan, deux gros tarés quoi, ça donne forcément quelque chose qui rend le zizi tout dur et qui va choquer et bouleverser le monde du comics. Et on va briser le suspens tout de suite, car The Boys, c'est juste
PUTAIN DE TROP BON !!!1


(tout est dans la finesse)

Dans un présent alternatif, les supers-héros sont parmi nous. Ils sont regroupés en plusieurs groupes, chacun combattant le crime au service de la justice (et du marketing pour les sous-sous). Un jour comme les autres, tout va pour le mieux pour le petit Hughie qui se balade avec sa copine dans un parc. Manque de pot, c'est au même moment que deux Supers se mettent sur la gueule et découpent littéralement la copine d'Hughie. Choqué et traumatisé, il a bien du mal à se remettre de cet évènement. C'est à ce même instant qu'un agent bien spécial décide de remettre sur pied une organisation très secrète au sein de la CIA : les Boys. Chargée de remettre de l'ordre quand les Supers abusent un peu trop de leur statut, ce petit groupe de quatre barges décident d'accueillir Hughie et lui proposent de se venger. Et c'est ainsi parti pour des tomes et des tomes de violence, de sexe et de slips moulants qui vont prendre cher.

(ah, les Supers et leur univers raffiné)

Car The Boys, encore plus que pour The Preacher, est réservé à un public adulte et très averti. Car c'est très cru : dès la première case (symbolique au possible) le sang et la bidoche volent, le sexe est bien explicite comme il faut, les insultes fusent de toute part et certaines séquences sont presque traumatisantes. Mais attention, pas de surenchère purement gratuite, oh que non. Le gros atout de The Boys est clairement son humour. Totalement sale gosse mais très travaillé, se moquant de tout l'univers des super-héros en général et de notre société, les instants purement comiques sont énormes (je pense à cet épisode mythique avec un Super chez son psy venant parler de certaines de ses pulsions dès qu'il voit le cul d'un de ses potes... plié). Tout est tourné en dérision et cet aspect décomplexé et totalement politiquement incorrect fait un bien fou.

("Tenons-nous par les bras, lalala !")

L'histoire prend une ampleur de plus en plus intéressante au fil des tomes et le dessin appuie parfaitement bien cette progression, n'hésitant à devenir plus dynamique, plus gore, plus dégueulasse... et on en redemande. C'est pas tous les jours que l'on prend plaisir à voir une bande de gros tarés éclater du slip fluo avec la banane tout en balançant des blagues de cul. Et encore, je ne vous ai même pas raconté 1/10e du contenu de cet œuvre, je préfère vous laisser le plaisir de la découverte... à lire, sans aucune hésitation.

Environ 11€ par tome, disponible en français.

jeudi 23 septembre 2010

Le prêcheur de mon petit poney sous acide


Preacher est une instituion, un comics culte. Un sale truc à la fois dérangeant, provocateur, immoral, violent, à l'humour noir nauséabond qui fait bien tâche et qui ne laisse pas indifférent.

Jamais gratuit, avec un vrai message à faire passer (un gros majeur à la face de tout le monde), Preacher raconte l'histoire rocambolesque et pleine d'aventures dépaysantes (voilà, le quota nian nian de l'article est rempli) du prêcheur Jesse Custer qui se retrouve avec un pouvoir du jour en lendemain : la voix de Dieu. En gros, il peut ordonner à n'importe qui de faire ce qu'il dit. Et vraiment TOUT (oui oui, imaginez même le pire, ça marchera). Déjà qu'à la base ce J.C. (pas si innocentes les initiales) est un personnage au charisme en béton armé et très loin d'être un prêcheur tout concon distribuant les hosties par paquets XXL, on imagine le foutoir incroyable qu'il met en place quand il se met en tête d'aller parler en tête à tête avec le créateur, Dieu quoi... comme ça.
Sur sa route, il rencontrera des personnages assez fous pour l'aider (je vous laisse la surprise de découvrir qui ils sont réellement) pour créer une sorte de team aussi déglinguée que surpuissante (ô joie qui m'envahit rien que d'y repenser).

(vi vi, il prêche à sa façon quoi...)

C'est sur, vu comme ça, le scénario paraît un poil original, mais sans plus. Il ne faut juste pas oublier ce qui fait de Preacher ce comics culte des années 90 et début 2000 : son politiquement incorrect de chaque instant. Rarement un comics n'avait été aussi loin dans la provocation et dans la dénonciation d'un sujet ô combien sérieux qu'est la religion, sachant que l'histoire se passe au Texas... plus que ça, les auteurs (Garth Ennis au scénario et Steve Dillon au dessin, deux génies) osent dénoncer et montrer des choses que l'on oserait jamais voir dans un comics, n'hésitant pas à se moquer des clichés. Je préfère vous laisser la surprise de la découverte, mais attendez vous à du très lourd et surtout du très crade... surtout quand c'est avec des animaux... ou alors imaginez ce que l'on peut faire avec un couteau à un gars chauve pour le punir... ou encore ce que ce l'a fait d'ordonner à quelqu'un d'aller se faire foutre, littéralement...

(de la passion avec des bisous dans le cou)

Ajoutez à cela un scénario passionnant à suivre et une galerie de personnages tous plus tarés et charismatiques les uns que les autres (impossible de tout vous décrire, ça dépasse tout simplement toute notre imagination) et vous obtenez Preacher. Culte culte culte culte, et culte. Et surtout réservé à un public bien adulte et FORTEMENT déconseillé aux âmes sensibles. Parce que ça va quand même très loin dans le politiquement incorrect... c'est environ 26€ par Tome environ dans les bonnes boulangerie, sachant que la réédition comporte 8 Tomes pour le moment.

(aucun rapport, mais j'aime beaucoup le prêcheur karaté, trop la moumoute classe)

mercredi 3 mars 2010

The Watchmen (1986)


Véritable petit monument de la bande dessinée, je découvre The Watchmen avec des années de retard. Ce roman graphique, plus qu'une simple bande dessinée, est pour moi ce qui se fait sûrement de mieux en matière de narration et structure du récit : chaque page est dessinée comme un véritable petit story-board, avec presque l'impression de lire un film qui a cette fausse apparence de "kitch" de par un dessin de Dave Gibbons (colorié par John Higgins) "à l'ancienne", comprenez par là sans dégradés de couleurs et de contours surdimensionnés. On ajoute à cela l'un des meilleurs (si ce n'est le meilleur) scénario jamais écrit par Alan Moore pour un comics.

Autant être franc, avant la sortie du film éponyme il n'y a pas très longtemps, je ne connaissais pas du tout cette série. N'ayant toujours pas vu le film, j'ai donc décidé après pas mal de temps de réflexion (bah ouais, c'était cette BD ou mon costume grandeur nature de Dracaufeu, 'fallait que je fasse un choix) de me laisser transporter dans cette histoire de super héros... qui en fait n'en sont pas. Tiens, premier choc : alors que DC (la maison d'édition) nous avait habitué à des super héros ultra super avec des costumes moulant leur boule (Superman, Batman...), on a à faire ici à des êtres tout à fait humain, sans pouvoirs (à l'exception du Dr Manhattan qui est un peu l'équivalent d'un dieu, tout bleu et à poil, mais qui a les mêmes pouvoirs), ayant de simples costumes pour cacher leur identité et avec comme leitmotiv celui de vaincre la racaille pour faire respecter l'ordre. Oui mais voilà, avec le temps, le petit groupe qu'ils constituaient s'est disloqué et chacun est parti de son côté. Mais la mort de l'un d'eux, le Comédien (une raclure sans véritable morale), va bousculer et entraîner un nombre incalculable d'évènements... et c'est à partir de ce moment que commence l'histoire, découpée en 12 volumes.

J'ose à peine imaginer le choc qu'a du être cette série à sa sortie en 1986, tant les codes de la bande dessinée et du comics sont détournés pour adopter une position beaucoup plus cinématographique, renforçant l'aspect adulte des propos. Si vous vous attendiez à de l'action non stop, passez votre chemin. Ici, c'est la narration qui domine, et quelle narration ! celle qui donne vraiment envie de connaître le suite de l'histoire, jusqu'à un final aussi jubilatoire qu'inattendu.
The Watchmen, c'est une critique de notre société, mais de façon très subtile : peut on réellement se faire justice soit même ? de quelle manière ? quelle est la vraie justice ?
The Watchmen, c'est aussi des personnages complexes, des "héros" avec leurs faiblesses et leurs psychologie bluffante de réalisme.
The Watchmen, c'est l'importance à chaque instant du moindre détail, même insignifiant, renforçant le réalisme de l'univers
The Watchmen, c'est juste mythique... c'est juste parfait... un vrai chef d'œuvre intemporel et encore inégalé dans son style...

lundi 18 mai 2009

Uncle Sam (2001)

Autant être franc : je ne suis pas du tout spécialiste des comics, et c'est un univers que je découvre que depuis très récemment. C'est juste que c'est un univers pas franchement engageant : entre le slip rouge fluo de Superman, les histoires sans fins de Spiderman (apparemment il a une famille et des gosses maintenant)... je n'avais pas vraiment envie de lire ce type de bande dessinées. Pourtant, il y a pas mal de séries qui me font envie, comme The Punisher ou The Preacher par exemple, par leur côté adulte et sans concessions. Et puis, pour me lancer, quoi de mieux que de commencer par un classique ? Je cherche un petit peu sur Internet pour m'informer, et je fonce chez mon dealeur habituel de manga pour cette fois une petite dose de dessin made in iouéssé. Mon choix : Uncle Sam.

L'Oncle Sam, tout le monde connaît. Cette allégorie de l'Amérique, de son fameux rêve américain, apparut durant le XIXe, est devenue une image indissociable du fameux pays de la liberté. Petit problème : depuis l'indépendance et la création des USA, le pays a pas mal changé. Et c'est durant notre époque que l'Oncle Sam réapparaît, et qu'il constate la décrépitude de toutes les idées qu'il incarne, ainsi que toutes les dérives de la société. Durant tout ce comics, nous allons suivre l'Oncle Sam personnifié en un être habillé de son fameux costume, errant tel un clochard, dans une société qu'il ne reconnaît plus, et qu'il ne le reconnaît plus non plus.

Le comics mélange habilement la réalité crade de la société américaine actuelle avec toutes les allégories imaginées par l'Oncle Sam (et l'Amérique aussi du coup), pour un résultat assez déconcertant au départ, mais qui finalement est très réussi. Je vous laisse le plaisir de suivre cette quête de la reconnaissance, plutôt original pour un homme censé représenter la connaissance et la gloire. Toute l'histoire (incroyablement bien écrite par Steve Darnall) se suit avec un réel plaisir, et l'on s'étonne de la force que peuvent avoir certaines phrases. Bien entendu, vu le thème et l'histoire, Uncle Sam est une charge assez violente contre la société actuelle, mais sans tomber dans la critique de base. Tout est fondé, bien écrit et bien formulé. Et surtout, c'est le dessin qui renforce encore plus le sentiment de puissance de ce comics.

Car le dessin d'Alex Ross est grandiose. On a presque l'impression que chacune des vignettes est une photo, comme un instantané d'un moment, où chaque scène est amplifié par la puissance du trait, net, avec des couleurs magnifiques, et avec des impressions de mouvement incroyablement bien rendues. Il faut rappeler que pratiquement tout le comics se base sur le mélange allégories/vie réelle, et ce mélange est maîtrisé à la perfection. Je vous laisse découvrir les dernières pages, de vrais œuvres d'art. Petit extrait pour vous donner une idée du niveau :

Uncle Sam, c'est ça : un récit intelligent, une satire sociale loin de tous les clichés et de la facilité, et surtout un dessin incroyablement beau et puissant. Ouais, c'est clairement avec ce style d'œuvre que l'on a envie de plonger dans l'univers des comics. A noter que ce livre a pas mal fait polémique lors de sa sortie aux USA, en pleine période des présidentielles.