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vendredi 12 septembre 2014

Andrew W.K. - I Get Wet (2001)

De tout temps, enfin je me prêt à y croire très fort en croisant mes gros doigts, l'Homme a voulu s'éclater. Se miner la race. Se la coller sévère. Terraformer son putain d'être misérable. Et quantité de choses peuvent amener à se résultat, incluant autant de choses pas très très légales (et pas très lol, n'y touchez pas les kids sinon vous risquez de finir à la TV) que l'infiniment... puissant. Mais genre LA PUISSANCE, quoi, on n'est pas là pour déconner. On est là pour faire la fête, se divertir veugra et redevenir presque animal. Ca tombe bien : Andrew W.K. a décidé, comme ça, de consacrer sa vie, son œuvre, à cette philosophie de vie. Et tout ça en créant ce qui est probablement le groupe de musique le plus fun et improbable du monde. Coolos.

Outre un titre, I Get Wet, propice à pas mal de double/triple/putain de nombreux sens et une pochette disons... tout aussi raffinée (oui, je sais que vous pensez à ça, bande de dégueulasses), cet album est un pur concentré de ce que l'être humain peut accomplir pour arriver à ses fins. Je vois bien Andrew W.K. se demander avec ses musiciens ce qu'il y a de PUTAIN DE puissant et ils en ont donc conclu que le hard-rock/heavy c'était pas mal pour soulever des stades et faire crier une foule de plusieurs milliers (millions) de personnes. Et rajouter du piano. Beaucoup de piano. Surtout n'y jouer qu'une seule note en boucle, parce que c'est trop cool. Ne pas hésiter à rajouter des choeurs complétement fous et des refrains de dingue, de quoi faire bouger tout le monde y compris ta reum. Voir la reum de ta reum. On mélange bien tout ça et on ajoute les paroles qui vont bien et on obtient un truc aussi indescriptible que ultra fun à écouter pour se motiver dans cette chienne de vie qu'est le quotidien.

Tu veux du tube qui passe en boucle sur tes chaînes musicales favorites ? tu veux ambiancer une soirée morne au possible et tenter de pécho cette belle gosse/ce beau mec que tu reluques depuis le début de la soirée et dont tu rêves de découvrir l'intimité style Roger Cavaillès (oui, bon...) ? n'hésite plus jeunesse fougueuse et enfourne dans ton meilleur tourne disque/lecteur CD de la 206 turbo diesel et met le volume sur COUCOU LES VOISINS. Tu invites tes meilleurs amis, tes collègues, ta famille, ton HLM et tu partage un maximum de pizza tout en tentant de créer le plus gros circle pit de tout le quartier. Tu balances aussi du pogo en masse parce que tu es trop cool et tu remercies encore et toujours Andrew W.K. de t'envoyer autant d'amour de la fête dans le cerveau et tu profites comme jamais. D'ailleurs tu te passes en boucle les paroles profondes du monsieur, qui vont conclure de la meilleure des façons une chronique qui n'as que pour seule raison d'exister que de vous faire acheter/écouter/télédowncharger cet appel à la joie la plus fofolle :

"PARTY HARD ! PARTY HARD ! PARTY HARD !

PARTY HARD ! PARTY HARD ! PARTY HARD !

PARTY HARD ! PARTY HARD ! PARTY HARD !

PARTY HARD ! PARTY HARD ! PARTY HARD !"

Merci mec.

A écouter : I LOOOOOOOVE NEW YORK CITY, OOOOOH YEAH, NEW YORK CITY !!
Pour les fans de : SHE'S BEAUTIFUL ! SHE'S BEAUTIFUL !


jeudi 24 juillet 2014

Modern Life Is War - Witness (2005)

Des années que cet album me hante. Des années que je me dis que je dois écrire à propos de tout ce qu'il dégage et représente pour moi. Oh, ce n'est finalement pas si compliqué de dire du bien d'un album qu'on peut écouter en boucle, au fil des années, de ce que la vie a apporté ou emporté. Se dire déjà que malgré tout ce temps passé en compagnie, on ne se connaît que très peu... comme deux amants n'ayant voulu que simplement consommer un bonheur en toute intimité, chut chut, ça restera notre secret mais promis, on se fera plaisir comme des gosses. Ouais, comme des gosses... si bien que je ne sais toujours pas comment vous dire à quel point Modern Life Is War est un groupe important et que leur second album Witness est un chef d’œuvre absolu.

Ca paraît trop de dire ça. Probablement. Mais la démesure m'a toujours attirée. Pas n'importe laquelle, plutôt celle qui te prend par surprise, qui se cache intérieurement. C'est toujours mieux d'être surpris, même si je sais qu'au fond de moi, je déteste ça, les surprises. Et pourtant... qui pouvait prévenir que ces américains allaient à ce point triturer leur hardcore que l'on qualifie de "modern" parce qu'on veut mettre une étiquette pour en faire ressortir quelque chose de presque unique... une musique qui ne demande qu'à s'épanouir, nous transpercer le cerveau, nous remuer dans nos tripes, voulant à tout prix sauter sur le frontman pour l'aider à hurler ses lyrics lourdes de sens... dur à exprimer, mais facile à ressentir durant l'écoute...

Une émotion certaine se dégage de Modern Life Is War, une sorte de tristesse presque palpable, énormément mise en avant par ce chant à la gorge que l'on imagine déployée, arrachée, le corps tremblotant après cette mise à nue... la tension qui ressort de chacune des compos est impressionnante, notamment grâce à cette batterie à la fois lourde et omniprésente et ces guitares crachant autant la mélancolie que la violence... le travaille de composition est énorme, génial, les idées fusent de partout, tout en évitant de tomber dans l'expérimentation indigeste et inutile, la ligne directrice qu'est le hardcore reste bien présente. On se prend d'ailleurs de méchante mandales par moments, le groupe n'hésitant pas à rappeler pourquoi tu peux aussi sauter partout en écoutant leur musique.

"D.E.A.D.R.A.M.O.N.E.S." et sa fulgurance, avec ces paroles à reprendre le poing levé. "Martin Atchet" et cette guitare magistrale. "Young Man Blues" et sa construction folle, parfaitement en adéquation avec les paroles. "Hell Is For Heroes Part I & II" et ce riff sous forme de fil rouge, introduisant et concluant avec classe l'album. "John & Jimmy" et son idée du chaos. "Young Man On A Spree" et sa respiration bienvenue... j'en dis presque trop... le tout s'écoute d'un bloc et même la faible durée de l'ensemble est une qualité, donnant la sensation de ne jamais ralentir totalement le rythme pour encore mieux nous prendre à la gorge. Chaque compo semble vivre par, pour elle seule, tout en constituant un tout parfaitement cohérent. Mais malgré tout ces mots, tout ce que je peux dire, cela reste dur pour moi de vous exprimer tout mon ressentit...

...surtout qu'on pourrait imaginer que j'en fais trop. Comme je le disais plus haut : probablement. Les goûts, les couleurs, tout ça... mais si ça peut vous pousser à poser une oreille attentive à cet album, à ce groupe, à sa discographie, aux paroles, j'aurai atteint mon but. Witness ne cesse de me surprendre, de tourner en boucle sur ma platine, d'ambiancer mon petit appartement de par sa seule présence. Les cris de Jeffrey résonnent encore longtemps après la fin du disque et je ne peux m'empêcher de penser que cette "vague" modern-hardcore doit beaucoup à ces gars venus de Marshalltown...

A écouter : OH QUE OUI TIENS, LA BONNE QUESTION !!
Pour les fans de : Verse, Carpathian, Defeater, Champion, Give Up The Ghost...



jeudi 10 juillet 2014

Killing The Dream - In Place Apart (2005)


Annihilation. Pure et simple. Aucun répit. Aucun espoir. 

C'est toujours très compliqué pour moi de chroniquer un album. Compliqué dans le sens où il m'est quasiment impossible de précisément, avec simplement des mots pianotés sur un clavier, vous donner ne serait-ce qu'une infime partie de ce qu'un album me fait à mes petites entrailles et pourquoi je veux à tout prix le partager avec toi, jeune internaute fougueux. Les années passent et je n'ai toujours pas trouvé de solution à ce problème qui paraît insignifiant mais dont la résolution me permettrait, peut-être, d'enfin toucher du doigt quelque chose d’indescriptible mais tellement important... alors j'essaye, je fais des erreurs, je suis maladroit... mais croyez-moi, chroniquer un album qui vous détruit autant qu'il vous transporte et vous tire vers le haut, c'est putain de compliqué ma bonne dame...

Après un premier album/EP coup de poing ayant pas mal remué ceux qui l'ont écouté, Killing The Dream était très clairement attendu. Et sans prévenir, même si c'était un peu prévisible que ces ricains pouvaient nous sortir un truc bien énorme, In Place Apart dépasse toutes les attentes les plus folles. Violent, viscéral, monstrueux... s'appuyant fortement sur les points forts du groupe (cette voix, putain...), Killing The Dream accouche d'un album de hardcore qui nous laisse K.O. dès la première écoute... et qui continue à faire ce petit effet des familles à chaque nouvelle écoute. Car ce que le groupe a de plus par rapport à pas mal d'autres de ses copains de la scène est cette propension à jouer avec nos émotions...

On se fait arracher les oreilles dès le premier cri émis par le chanteur. On perd à moitié connaissance en tentant de suivre la cadence effrénée de l'ensemble. On se fait piétiner pendant les mosh-part assassines. On ferme les yeux de bonheur durant les moments d'émotion. On prend passablement cher, ouaip'. Le pire est qu'on en redemande...

Car cette propension à jouer avec nos émotions est aussi délicate à décrire que maîtrisée de bout en bout. Au détour d'un riff, d'une mélo' balancée dans le chaos sonore, de ce chant qui change juste ce qu'il faut pour faire changer la haine en colère, de ces chœurs qui portent à eux seuls tellement, de ces moments de pure folie ("39th And Glisan" est un monument, "We're All Dead Ends" joue avec nous jusqu'à sa toute fin...) qui sont entrechoqués d'instants de pure violence auditive... Killing The Dream met la misère à tellement de monde tout en laissant l'impression que c'est si simple... et que la musique devient presque une entité à part du groupe...

In Place Apart est toujours aussi impressionnant malgré les années passées. Appelez ça "modern hardcore" ou "hardcore chaotique", très franchement, on s'en fout royalement. Ca envoie la purée comme rarement tout en se permettant de lancer de-ci de-là de véritables moments de grâce, de bravoure, qui trouve un écho insoupçonné auprès de nos petits corps décidément trop frêles... un putain de chef d’œuvre.

A écouter : le casque vissé sur les oreilles et à fond
Pour les fans de : Champion, Touché Amoré, Confusion, Direwolves, Modern Life Is War...


mercredi 18 juin 2014

Big D And The Kids Table - How It Goes (2004)

Déjà on va mettre les choses au clair : si c'est avec cette chronique que vous découvrez Big D And The Kids Table, vous pouvez en stopper la lecture immédiatement et foncer découvrir ce que je considère être l'un des groupes les plus important de ces dernières années. Je ne déconne pas, vous vous démerdez pour choper leurs albums, légalement ou pas je m'en contrefous, mais vous DEVEZ écouter ce groupe beaucoup trop méconnu dans nos contrées. C'est un peu malheureusement le cas pour 99% des bons groupes quand ils arrivent en France mais bref, c'est un autre problème. Maintenant que vous avez rattrapé votre retard, vous avez forcément tiqué sur un détail du groupe : sa discographie est ahurissante et gargantuesque. Normal : ça va bientôt faire 20 ans que le groupe existe. Autre détail trop choupi : la diversité de cette disco'. C'est simple : Big D And The Kids Table fait ce qu'il veut. Mais vraiment : de formation ska/punk, le groupe va piocher dans le dub, le reggae, le skate/punk, l'électro et aussi le gangsta rap (sérieusement). Si bien que chaque album se trouve être différent du précédent et le prochain aura une approche différente. Tiens, par exemple, plus récemment, le groupe s'est amusé après un album plus reggae/dub de sortir un nouveau avec en guest un groupe de chanteuses typé 60's pour bercer gentiment dans la pop.

Bref, vous avez compris, je surkiffe grave mon boule Big D. Mais c'est un album en particulier qui attire mon attention : How It Goes. Troisième album du combo américain et probablement celui que vous ressortirez le plus souvent de son boitier pour l'écouter en boucle, surtout que les beaux jours arrivent enfin. Ici on tape beaucoup plus dans le ska/punk à cuivre tantôt rapide, tantôt posé, mais surtout blindé ras la gueule de tubes. Les cuivres sont présents et soutiennent totalement des riffs de punk rapides qui te forcent à bouger la tête et te filent une banane indécente sur le visage. Aussi (et surtout) grâce au chant du charismatique David McWane, qui ne plaît pas à tout le monde mais qui participe beaucoup à l'identité du groupe. Ca file à toute vitesse et même durant les quelques respirations que sont les pistes purement ska, on saute. Connement, sur place, mais on saute, on s'éclate. Car la véritable force de cet album est cette propension à lâcher de la compo qui devient instantanément culte dès la première écoute.

Parce que c'est bien beau de proposer un album varié et au rythme constant, il faut aussi qu'on est envie de le faire tourner en boucle c'te bousin. Bah t'inquiète, il y a le tube absolument fou "L.A.X." de près de 5 minutes aux paroles jubilatoires, "If We Want To" qui est parfait pour glander chez soi, "Flashlight" qui semble venir d'un B-side de The Mighty Mighty Bosstones, "Safe Haven" à écouter poseyyy, la très conne "My Girlfriend's On Drugs"... à peu près chaque morceau a sa petite ambiance, son importance, surtout que l'album est plutôt bien garni pour près de 1h17 s'étalant sur 20 morceaux (oui, le groupe est généreux). D'ailleurs je m'écoute encore "Chicago" pendant l'écriture de cet article, profitant des cuivres comme il se doit. On tape du pied, on dandine de la tête en tentant de suivre les cuivres toujours bien mis en avant et ne faisant pas bêtement des "pouet pouet" inutiles, na, soit en accentuant la mélodie, soit en renforçant la pèche des morceaux.

How It Goes est un petit bijou dans le style, le genre d'album qui se permet d'être aussi long qu'intéressant du début à la fin, si bien qu'on ne pestera pas de sa longue durée, voir même qu'on en redemande, tiens. Alors que le groupe se permet de partir dans tous les styles au fil des albums, celui-ci est probablement le plus simple d'accès, celui que vous balancerez à la tronche de votre petit cousin rigolo qui découvre à peine NoFX et qui se dit qu'il ne trouvera pas mieux. Ah le con. Pointez le du doigt pour la peine en riant très fort. Et écoutez Big D And The Kids Table par pitié...

Pour les fans de : Streetlight Manifesto ; P.O. Box ; The Mighty Mighty Boostones ; Three Feet Cats ; Mustard Plug ; Mad Caddies...
A écouter : du début à la fin avec l'air posey

 


jeudi 1 mai 2014

Tony Hawk's American Wasteland Soundtrack (2005)

Les jeunes ne peuvent vraiment pas comprendre. En pleine folie de l'adolescence, Activision nous balançait sur nos pauvres Playstation une série de jeu qui allait devenir très vite culte : Tony Hawk's Pro Skater. Je ne saurai dire combien d'heures j'ai passé à retourner la démo... et tant bien même des années après, en loupant d'autres épisodes sortis entre temps, j'étais l'ado' le plus heureux et rebelle dans ma tête quand j'avais enfin la cartouche du jeu sur N64 (ne rigolez pas, cette version était très bien). Outre un gameplay aussi arcade qu'efficace, c'est surtout l'esprit skate qui a d'un seul coup exploser en ces débuts d'années 2000, donnant d'un seul coup envie à une génération entière de faire le foufou avec une planche à roulette, pensant que c'est aussi simple que dans le jeu de sortir des Christ-Air 900° avec enchaînement grind de 200m sur un rebord d'un très long half-pipe improvisé. Oui, on était terriblement con et les premières minutes à essayer de ne serait-ce que faire un ollie ont rappelé cette douloureuse réalité. Pas grave, on rentre chez soi le corps rempli de bleu et on retourne encore et encore sur le jeu. Et surtout, oui, surtout, on mettait le son à fond. Car la B.O. des Tony Hawk c'était aussi un excellent moyen de parfaire sa connaissance en musique de d'jneuns en s'extasiant de chacune des chansons et en notant sur un petit papier les noms des groupes entendu pour filer à la FNAC et acheter les rares exemplaires dispo' à un prix totalement prohibitif et honteux.

Tony Hawk's Pro Skater m'a autant éclaté que régalé au niveau des oreilles. Je me vois encore découvrir Lagwagon, Goldfinger, Suicidal Tendencies, The Suicide Machines, Unsane... comme un gosse, ouais. Et même si la série des Tony Hawk s'est vautré au fil d'épisodes trop nombreux et pas vraiment inspirés (en mode Activision, quoi), l'idée de proposer des B.O. de qualité est toujours restée, ouf, l'honneur est sauf. Et on obtient clairement l'apogée du concept avec celle de Tony Hawk's American Wasteland, le... ah, oui, 7e épisode de la franchise, déjà en très forte perte de vitesse. Si l'on oublie très vite ce jeu faisant peine à voir, on va faire un grand sourire et dévorer sans réfléchir sa B.O. totalement dingue, remplie de tout plein de bonnes choses. Et dans tout ce bordel, il y a des reprises de Black Flag, Adolescents, Descendents et autres groupes cultes. La bonne idée est que ces quelques reprises ont été regroupées au sein d'un album sorti dans le commerce. Oui, toujours dans le même bac "punk" tout pourri de la FNAC, à côté d'un album de NoFX et d'un Rancid vendu chacun 20 euros. Monde de merde.

Cette B.O. est surtout l'occasion de se faire une bonne piqure de rappel, histoire de faire découvrir à ces cons de jeunes que ce ne sont pas leur groupes de mécheux qui ont tout inventé. D'ailleurs il y a quelques uns de ces groupes "émo" qui participent à cet album, et très franchement... bah c'est cool. Sans déconner, écouter Senses Fail reprendre "Institutionalized" de Suicidal Tendencies, ça fait son petit effet. Pas la claque non plus, mais bon, c'est le geste qui compte. Passons plutôt direct aux bonnes surprises que sont Taking Back Sunday qui balance la grosse purée en reprenant "Suburban Home" des Descendents, avec un "I Like Food" aussi bref qu'intense en fin de morceau, The Bled qui imite plutôt bien Bad Brains avec "House Of Suffering" (même si perso' j'aurai kiffé un autre morceau plus ancien) ou From Autumn To Ashes sur un "Let's Have" de FEAR qui fait bien le taf. Les groupes reprennent proprement le morceau de base, sans prendre trop de risque, certes, mais ça fait plaisir.

Et puis à côté des bonnes surprises il y a les confirmations, ceux qui te mettent la mandale et se permettent d'apporter leur petite sauce perso' pour se réapproprier le morceau de base : Rise Against et son "Fix Me" aussi incendiaire que l'original de Black Flag (comme d'hab' avec Rise Against la voix y est pour beaucoup), Dropkick Murphys avec "Who Is Who" et ce timbre de voix si particulier qui donne tant de cacher à l'ensemble et même Thursday qui reste toujours aussi génial même en étant plus calme pour reprendre du Buzzcocks (tout simplement génial). Il y a aussi Alkaline Trio qui fait du bon taf, comme d'hab' quoi. Et puis au dessus de tout ça il y a tout simplement Thrice, qui vient mettre l'amende à tout le monde en reprenant Minor Threat, hop, comme ça, en étant plus hardcore que jamais. "Seeing Red" et "Screaming At A Wall" en une seule chanson, c'est cadeau, tu peux pogoter comme un ado' sous acide.

Même si l'on est plus en face de la petite gâterie offerte aux fans du style qu'autre chose, cette bande originale a au moins le mérite de nous permettre d'entendre des groupes de "maintenant" reprendre des groupes "d'avant", concept ô combien éculé (ce n'est pas sale) mais toujours plaisant. Pas indispensable, nop, mais une sorte de compilation qu'il fait toujours bon d'avoir à portée de main, histoire de se faire un bon petit trip de temps en temps. Même Fall Out Boy y est présent et propose une reprise plutôt étonnante de Gorilla Biscuits, c'est dire... alors même si jamais je ne retrouverai le fun d'un bon vieux Tony Hawk, au moins je peux maintenant écouter en boucle les groupes que le jeu m'a fait découvrir. Et rien que pour ça...

Pour les fans de : musique qui fait saigner les n'oreilles
A écouter : tout, même quand c'est un peu chelou comme avec Emmanuel et My Chemical Romance





jeudi 20 mars 2014

The Steal - Self Titled (2006) & The Steal - Bright Grey (2008)

Pour vous cela ne durera qu'à peine quelques minutes, le temps de la lecture de cette chronique. Beaucoup plus de temps si vous décidez d'écouter en boucle les albums, chose que je vous recommande chaudement vous vous en doutez. Mais pour moi, cela signe la fin d'un calvaire de plusieurs années. Un sacré dilemme : lequel des deux uniques albums du groupe The Steal je dois choisir, sachant que je porte chacun des deux très haut dans mon petit coeur ? lequel aura la chance d'avoir mon infinie soutient, semblant laisser croire, à tort, que je laisse l'autre moisir dans un coin ? pas de ça ici, je suis un ouf, un rebelle, je décide de parler directement des deux albums de The Steal, un éponyme et Bright Grey. Mais pourquoi parler d'eux en fait ? le méritent ils vraiment tant que ça ? à cela je répondrai simplement : putain de oh que oui. Voir même beaucoup plus que ce que vous pouvez imaginer de plus fou.

The Steal est un groupe anglais qui aura eu une existence aussi courte qu'intense et marquante pour quiconque aura eu la chance de se prendre en pleine face leur punk/hardcore mélodique et rapide à souhait, héritier direct de la scène 80's et de la vague plus moderne, plus "fun" à la Gorilla Biscuits, Lifetime et bien entendu Kid Dynamite. S'agissant d'un groupe "pour le fun" selon ses membres, The Steal n'a pas d'autres prétentions que de balancer la purée le plus vite possible et te faire kiffer la vibe. Quatre ans, deux albums, un split avec Set Your Goals (excusez du peu) et des tournées avec Against Me! et Paint It Black, ouais, pour le coup ce fut plus qu'intense. Mais qu'est-ce qui rend ces deux albums si indispensables à mes yeux ? en un mot : efficacité.

Car ces anglais ont tout compris à ce qui faisait le charme de ce style : jouer vite, des refrains entêtants avec si possible des chœurs à reprendre devant ses enceintes et des changements de rythmes fréquents, t'obligeant à sauter partout. Pas de solos, pas de fioriture, juste une musique rapide, des riffs de gratte assenés tels des balles de mitrailleuses, une basse omniprésente au groove de dingue et un chant purement hardcore, n'oubliant pas ce petit quelque chose en plus faisant tout le charme. Le résultat, pour chacun des deux albums : moins de 20 minutes pour 14 morceaux, 14 tubes qui ont notre adhésion dès la première écoute. Sans déconner, même des années après avoir découvert ces albums, je me réjouis toujours autant d'entendre en boucle les monstres d'efficacité et de fun que sont "Breakout", "The Possibilities Are Endless", "Living For The Weekend", "No Control"... en fait, je peux vous sortir l'intégrale des morceaux des deux albums si vous voulez... il n'y a rien à jeter, c'est assez incroyable je dois bien admettre.

Si on ne parle absolument pas de révolution ici, c'est tout simplement parce que l'on s'en fout royalement et que l'on veut du bon gros son direct, sans attendre de mémoriser des plans entiers de compositions complexes et autres branlettes que certains groupes font très bien de leur côté. Ici on est dans l’immédiateté la plus absolue, la plus directe, celle qui te fait hurler de plaisir à chaque instant. Si fondamentalement Bright Grey est un poil plus hardcore et même meilleur que The Steal, impossible de ne pas parler des deux comme d'un tout pouvant mettre tout le monde d'accord. The Steal fut un monstre dans le style et il serait criminel de ne pas se ruer dessus, surtout que le groupe vous balance gratos sa discographie sur leur site. Voilà, j'ai même pas de trucs méchant à ajouter, c'est malin...

A écouter : sérieusement, oui, en boucle
Pour les fans de : Kid Dynamite, Wank For Peace, Lifetime, Minor Threat, Homesick...

mercredi 19 février 2014

Wormrot - Dirge (2011)

L'histoire du grindcore, l'enfant terrible et survitaminé du hardcore, est passionnante à plus d'un point. Ou plutôt poing, là on est quand même plus dans le cœur du sujet. Alors que certain trouvaient déjà bien ouf de jouer des morceaux d'à peine 1 minute 30, d'autres ce sont dit que maltraiter encore plus les instruments et jouer jusqu'à l'épuisement pouvait être un hobby comme un autre. Surtout quand la musique devient le moyen d'expression d'une haine, d'un énervement impossible à calmer autrement que par l'action, quand tu fais sortir de tes tripes tout ce qui te rend malade. Là où le hardcore vénérait l'évacuation de la frustration, le grindcore vise à l'annihilation totale de toute rancœur et un rejet total de qui pourrait se permettre de te gouverner et de dicter ta vie. Si pour nous, jeunes cons, qui n'ont pas connu l'émergence et l'explosion de ces courants alternatifs, on peut parfois oublier le pourquoi de tout ce ramdam, on ne peut que se prendre en plein visage le crachat de certains de ses acteurs...

Wormrot est un trio venant tout droit de Singapour. Et autant dire que ce n'est pas la joie dans cette république... entre les pressions religieuses, sociale et de l'autorité, difficile de ne pas péter un plomb... ce que Wormrot a décidé d'appliquer en sortant les instruments et en gueulant le plus fort possible. Et là où l'on aurait pu s'attendre à un énième groupe de jeunes de plus se transforme en ce qui est probablement l'une des plus belles surprises de la scène grindcore de ces dernières années. Fort d'un premier album Abuse qui avait pas mal fait parlé de lui, Wormrot revient plus en forme que jamais pour leur second effort, Dirge. Et il est très difficile de rester de marbre face au déferlement de violence quasi continu de cette bombe dirigé tout droit vers nos petits cerveaux.

25 morceaux pour moins de 19 minutes de pure folie, de celle qui semble parfois ne jamais s'arrêter, avec ce sentiment "Non mais là ils ne peuvent pas aller plus loin... ah tiens, si." constant. Une guitare, une batterie, un chant, pas besoin de plus, les bases même du style diront certains (et ils auront raison). La technique est hallucinante avec une guitare crachant ses riffs ultra techniques avec une rapidité de poulpe, tout comme la batterie changeant constamment de rythme, jusqu'à l'apocalypse. Le chant totalement guttural supporté par quelque cris aigus... on connait la recette, ouais, mais on a presque l'impression que Wormrot tente d'en repousser les limites. On se rapproche même plus du power-violence par moments, c'est dire.

Tout ce déchaînement d'attaques auditives pour réveiller les consciences, crier, hurler ses paroles engagées. Ca paraît presque cliché mais quand le grindcore s'est trop vautré dans le parodique on en oublie presque sa vocation et ses engagements premiers. Wormrot n'est pas là pour faire dans la dentelle mais pour nous violenter et nous retourner totalement la gueule avec du gravier. C'est pas trop mal réussi vu que les trois peuvent maintenant se ranger aux côtés de Blockheads, Enemy Soil, Pig Destroyer et Nasum. Autrement dit les références, et Dirge se classe facilement comme future référence du style. Ouaip', vivement la fin de leur break pour un nouvel album, j'ai plus que hâte pour le coup.

A écouter : en boucle, cerveau qui doit fondre
Pour les fans de : Blockheads, Mumakil, Maruta, Pig Destroyer, Nasum...


jeudi 16 janvier 2014

The Songs Of Tony Sly : A Tribute (2013)

Je sais, je sais... certain pourrait croire que j'en fais trop, mais je suis tout à fait sincère : j'ai très mal encaissé la mort de Tony Sly durant l'été 2012. Et pourtant je ne suis pas quelqu'un qui est réellement touché par le décès d'un artiste ou d'une personne qui ne m'est pas proche. Là, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai bloqué. Peut-être parce que je suis encore et toujours ce fan inconditionnel de No Use For A Name, que j'ai continué à suivre le groupe malgré des récents albums avec des qualités parfois limite, que j'ai adoré que le bonhomme s'est mis comme son poto de toujours Joey Cape à composer, chanter et jouer pour lui, en solo. Que le résultat, certes imparfait et inégal, m'avait scotché. Et qu'il y avait toujours cette énorme sincérité qui déborde de chaque instant. Tony Sly, selon ses proches, était un type simple, posé, proche de ses amis et de sa famille. Le mec qui est ton pote cool, celui qui te fait toujours aller bien quand tu le vois. Pour moi, simple auditeur limite groupie, c'était surtout un putain de songwriter qui pouvait te balancer les plus gros tubes punk/rock mélo' de la décennie et à l'efficacité qui traverse sans soucis les années. Comment on s'en rend compte ? quand un nombre hallucinant de groupes et artistes font des reprises de ses chansons et que certains d'entre eux ont la bonne idée d'enregistrer un tribute album qui porte définitivement bien son nom : The Songs Of Tony Sly : A Tribute. Car un hommage comme ça, aussi douloureux peut-il être, est un véritable cadeau pour tout mélomane ayant grandi avec le punk/rock californien durant son enfance.

Il y en a du monde sur cet hommage... vraiment beaucoup de monde... 26 artistes pour des reprises autant de NUFAN que du projet solo de tonton Tony. Et GROS point fort : chacun reprend une chanson à sa façon, apportant sa propre touche personnelle, ne faisant pas un bête copier/coller qui aurait été vite inutile et déprimant. D'ailleurs, étonnamment, on s'éloigne pas mal du punk énervé et rapide pour quelque chose de plus intimiste la plupart du temps, avec pas mal de reprises acoustiques ou parfois dub/reggae. Et c'est tant mieux. C'est comme ça que l'on se rend compte qu'un compositeur était doué, quand ses chansons peuvent être réinterprétée quasi à l'infini et être reconnaissable dès les premiers accords, dès les premières lignes de chant. Ca commence d'ailleurs avec la très touchante "Biggest Lie" du dernier album en date avec Karina Denike au chant, en toute intimité, pour celle qui fut l'éternel chant féminin pour le temps d'une chanson sur quasiment tous les albums des ricains. Et puis ça enchaîne tranquillement avec Mad Caddies pour "AM" version "Mad Caddies dub" qui surprend au début... et qui passe finalement très bien. Tout ça pour arriver au monstre de l'album : "Soulmate" par Strung Out qui signe juste la meilleure cover de la décennie, toute en énergie et puissance, rendant l'originale encore plus énorme et qui pourrait pratiquement passer pour une chanson originale... et puis il y a Tim Mcilrath (Rise Against) qui nous fout la chair de poule le temps d'une reprise acoustique de "For Fiona" absolument sublime... et c'est comme ça tout le long, ça n'arrête pas. Bad Religion reprend un morceau à sa sauce, hop, tube. "Devonshire And Crown" pour Pennywise qui prouve que les compos acoustique de Tony Sly sont faites pour le live...

Je pourrai continuer encore longtemps. Ce n'est pas non plus un album parfait (Simple Plan... sérieusement...) mais chacun arrive à rendre chaque reprise unique (Jon Snodgrass aka DIEU, The Gaslight Anthem qui arrive presque à me faire chialer à chaque écoute de "Capo 4th Fret"...) et j'ai toujours ce sentiment de tristesse à chaque écoute, me disant "purée mais s'il était encore là...". Ouais, aussi touchante soit la reprise de "International You Day" par Joey Cape en final, j'aurait voulu que ce tribute album ne sorte pas à titre posthume... mais que voulez-vous... histoire de véritablement boucler la boucle, cet album est là pour rendre hommage une dernière fois et aussi aider la femme et la fille du défunt en reversant les bénéfices de l'album pour eux. Donc par pitié, si vraiment vous voulez cet album, démerdez vous mais achetez le. Merci pour eux... et salut. Ce fut vraiment sympa d'avoir ambiancé mon adolescence comme ça, merci mec.








jeudi 19 décembre 2013

Touché Amoré - ...To the Beat of a Dead Horse (2009)

"Il vient parfois des moments où tout semble se détruire sous nos yeux. Nous observons cela avec une totale impuissance qui nous tétanise, nous laisse nous morfondre dans une sorte d'état de tristesse absolue, comme si tout était terminé... tout sera bientôt terminé... enfin nous verrons le bout du tunnel... ce n'est pas moi qui le dit... je ne fais que le penser. Comment alors tenter une seule seconde de vouloir revoir la lumière, une lueur d'espoir fatidique qui viendrait peut-être tempéré un tant soit peu mon envie de broyer du noir ? je n'en ai vraiment pas la moindre idée... peut-être est-ce comme cela que je dois voir ce qui semble être une parodie permanente..."

Touché Amoré est sombre. Sa musique n'est brillante que par sa qualité, non par ce qu'elle dégage. Nous sommes ici dans la noirceur la plus totale, l'annihilation de tout ce qui peut sembler un minimum comme une forme échappatoire. Tout est terminé... mais nous combattrons quand même jusqu'à la fin, nous tenterons jusqu'au bout de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là, pourquoi nous nous détestons à ce point et pourquoi ce monde est tout autant détestable... Touché Amoré mélange la noirceur du screamo avec ses quelques riffs parfois mélodieux avec la férocité du hardcore le plus nihiliste, chaque coup de batterie sonnant comme une déflagration visant directement notre crâne et ce chant écorché vif... ce chant, ces cris que l'on jurerai de douleur par moments, se faisant l'expression de toute la détresse et la douleur de celui qui l'utilise.

Comme pour rajouter encore plus à ce sentiment de chaos, les compositions se veulent désordonnées, chaotiques, avec cet aspect crade ne tombant jamais dans le blast ou la violence inutile. Juste ce qu'il faut de violence, d'émotion... pas plus. De toute façon ...To the Beat of a Dead Horse est court, concis, fait pour s'écouter d'une seule traite, presque avec douleur, histoire d'être imprégné au maximum de tout ce qu'il désire nous envoyer, ce que le groupe dégage. Véritable bombe prête à péter à n'importe quel moment dans nos oreilles, Touché Amoré joue avec nous, nous malmène avec joie, laisse son chanteur cracher ses tripes pour nous rendre mal à l'aise et sonner comme un album qui aurait pu être unique, tant le groupe semble tout donner. Tout est spontané, direct...

...To the Beat of a Dead Horse est unique. Mélangeant avec grand talent autant l'émotion que la violence, semblant aussi simpliste en apparence que profond dans les détails, Touché Amoré accouche marque dès ses débuts une scène modern-hardcore qui avait trop tendance à se reposer sur ses acquis. Bien leur en a pris : il s'agit probablement d'une œuvre déjà culte... et rien que pour "Honest Sleep"...




jeudi 7 novembre 2013

29/09 - La Violence Thérapeutique (2007)

Une partie de moi a toujours été attiré par le sentiment de la folie. La folie qui t'emmène dans tes derniers retranchements, te fait redevenir animal, destructeur, totalement nihiliste. Tu pensais avoir encore un peu d'espoir dans ta vie morne et triste ? tu pensais réellement qu'on allait tous s'en sortir ? qu'une simple lueur, aussi infime, de lumière viendrait éclairer toute cette noirceur ? que nous sommes naïfs... que nous sommes vains... que nous sommes éphémères... et au moment où tu pourrais croire que ce texte est écrit par un ado' faisant sa crise d'émo', je t'arrête tout de suite et t'incite à écouter ce qui constitue l'une des plus belles métaphore musicale de la folie et de l'absolue haine : La Violence Thérapeutique de 29/09. Parce qu'il n'y a pas de raison qu'il n'y ait que moi qui soit détruit.

Les instruments sont aussi torturés que leurs musiciens. La batterie est frappée avec une haine dingue, les riffs joués jusqu'à destruction des muscles, la voix arrachée à chaque cris, vociférations. Que de la haine. Cette sensation d'un véritable exutoire (ce qui est le cas) où la musique ne sert de prétexte que pour lâcher toujours plus la pression, tout détruire et nous laisser tel de vulgaires cadavres encore fumants après un assaut dont on ne survivra pas. De toute façon, quand le premier mot qui nous est craché à la gueule est un "JE VOUS DETESTE !" hurlé avec une conviction dingue, tu sais à quoi t'attendre...

La Violence Thérapeutique est malsain. Dingue de puissance et de violence pure, cet unique album d'un groupe qui ne l'est pas moins frappe juste, fait très mal et nous laisse K.O. Entre les assauts grindcore/black-metal/power-violence de fou furieux, les paroles jusqu'au-boutistes, les cris qui résonnent encore longtemps après la fin de l'album et un morceau final foutant un malaise fou ("je vais mieux... JE VAIS MIEUX !!!" hurle-t-il sans vraiment y croire)... il y aurait tellement à dire... mais la meilleure façon est bien de se laisser tourmenter par 29/09, de subir littéralement sa musique. Rarement je n'aurai autant souffert... rarement je ne me serait senti aussi mal... rarement je n'aurai autant adoré ça... la folie...


mercredi 2 octobre 2013

KIDS - HENLEY (2013)

Observer une certaine attirance pour le chaos musical m'a toujours surpris. Mais pour le coup je parle de mon petit nombril n'à moi en m'observant et en écoutant toujours plus souvent et en grosse quantité une musique de plus en plus déstructurée, destructrice, expéditive... et foutrement bandante il faut bien l'avouer. Si bien que s'enchaîner les discographies des monstres du style (Botch, The Chariot pour ne citer que les plus connus) ne m'était plus suffisant, comme un junkie en manque de sa came journalière. La beauté du 2.0 fait que l'on peut très facilement se pencher sur des "petits" groupes étrangers dont on ne soupçonnerait pas l'existence mais que l'on espère vivement. Au fond de moi j'espère toujours un petit groupe de personnes se rassemblant pour former un groupe de hardcore/crust/chaotique, n'importe où, n'importe quand, recopiant peut-être des formules déjà usées, mais je m'en fous, il me faut ma dose, ma putain de dose...

Et si d'habitude je m'enchaînerai ces fameux groupes à la chaîne, toujours sans réellement profiter, j'ai bloqué sur KIDS. La pochette déjà, probablement. Pas forcément originale, pas belle. Aucun style. Et pourtant elle fait le taf : tu sais à quoi t'attendre et tu la retrouves tout de suite dans ta collec' d'albums. Puis vient le son. Pareil : aucune surprise. Un hardcore viscéral, enchaînant les moments de tempêtes, de rage déchaînée, avec des passages plus "posés", des parts où la basse et la batterie sont reines, laissant toute sa place au groove. Ce serait parfait à noter comme "album efficace n°45514123 du style, gg, nextmap". Et très sincèrement je le pense. Pourtant, je m'accroche, et l'album tourne en boucle...

HENLEY est pourtant toujours là, dans mes oreilles. Le groupe l'offrant généreusement sur son Bandcamp (ou alors on leur donne une piécette si l'on est généreux), je l'ai même gravé sur un CD pour en profiter au volant, déjà qu'il m'accompagnait sur mes trajets à pied. La musique de KIDS m'entête et je ne peux que jubiler face à un tel déferlement de violence musicale. De son intro' glaciale introduisant une voix qui m'attaque directement le crâne aux derniers cris de douleurs les plus dérangeants, le milieu étant saupoudré de musique power-violence/hardcore à peine radicale (8 morceaux pour moins de 10 minutes), rien ne me laisse indifférent. Et l'album tourne encore et encore en boucle... rien n'est inventé mais tout est parfaitement exécuté... ouais, c'est sans doute parce que c'est méchamment surpuissant que je kiffe grave mon boule cet album finalement, pas besoin d'en faire des tonnes... pas grave, si ça peut motiver tout le monde à se ruer sur cet album, ce serait tellement bien...

Pour les fans de : Punch, Trash Talk, Dead Swans, Botch, Ceremony, The Chariot...
A écouter : au volant c'est assez spécial comme sensation, sinon partout pour accompagner vos douces journées


jeudi 29 août 2013

Fucked Up - David Comes To Life (2011)

C'est toujours le même problème. Ce n'est pas un manque d'inspiration. Ce n'est pas un manque d'envie. Ce n'est pas un baobab en plein milieu de la main qui m'empêcherait d'accomplir toute action susceptible de demander un minimum d'effort. Ce n'est rien de tout ça. Quand je veux chroniquer un album, il y a toujours cette envie de faire partager une œuvre qui m'a, de n'importe laquelle des manières, touché, qui a forcément laissé une trace pour moi. Et parfois cela me marque tellement que je meurs d'envie d'en parler dans la seconde. Mais je connais mes limites, ce dont je suis réellement capable. Glisser quelques blagues pourries entre deux phrases à peu près sérieuses pour évoquer un truc qu'il est trop du ballon, ça va, je m'en sors depuis les années à tenir ce blog. Mais parfois je n'ose pas. Car j'ai peur d'oublier les fondamentaux, de passer complétement à côté de l'essentiel et de ne pas me sentir de "taille" face à ce que je veux raconter. Là, tiens, par exemple : s'attaquer à la chronique d'un album de Fucked Up. Hop, comme ça. C'est être sur de se planter sur tout plein de choses et ne même pas avoir donné envie à toi, jeune fougueux (ou fougueuse) de te ruer sur cette galette qui contient un nombre presque insolent de qualités et en fait un monument de la musique alternative. Tiens, en fait, c'est pas si compliqué que ça, il suffit d'enchaîner les superlatifs et passer pour un gros fan, ça le fait.

Alors, faisons comme ça. David Comes To Life est un concept album. Ne me demandez pas l'histoire narrée le temps d'un album, je n'est pas envie de faire d'erreurs et comme vous êtes des grandes personnes, Internet est votre ami. Non, le plus important est de tenter de donner ne serait-ce qu'une ébauche de ce que peut être le "son" Fucked Up. Un punk/hardcore progressif si l'on devait donner des étiquettes, une sorte de musique qui fait office de véritable carrefour d'influences de la musique rock et alternative, où tout est disproportionné dans des proportions humaines. Cette fin de phrase ne veut rien dire ? c'est tout à fait normal et c'est bien là le soucis pour moi : définir la musique de Fucked Up est quasi mission impossible. Vous aurez bien un chant typé hardcore tout comme des chœurs parfois sublimes, trois guitares dont une qui semble présente uniquement pour balancer des mélodies classieuses au possible, le reste du groupe jouant dans ce que l'on appellera de "l'indie-rock" pour faire genre. Ouais, je sais, ce qui sont fans me diront que j'ai tort mais savent très bien là où je veux en venir, que c'est finalement futile de vouloir mettre le groupe dans des cases. Fucked Up joue du Fucked Up et arrive à synthétiser un nombre hallucinant d'influences dans un seul album.

Parce que c'est bien beau de tenter de décrire mais encore faut-il que j'explique pourquoi cet album me marque autant. C'est simple : une sorte de souffle épique émane de la première à la dernière note, où la musique semble évoluer par elle-même, comme si ceux qui la jouait s'effaçaient petit à petit, comme si elle prenait vie. Et pourtant, comme j'essayais de le dire plus haut, tout semble pourtant si "simple". Pas de débauche d'effets ou d'instruments à chaque instants, juste un groupe qui excelle dans son art. Trois guitares pour permettre des mélodies de folie, un chanteur à la puissance vocale qui impose une présence de chaque instant, une section rythmique accompagnant tout ce joyeux bordel bien organisé et des chœurs apportant une touche d'émotion bienvenue. C'est unique, c'est épique et ça te transporte. Littéralement. Purée...

David Comes To Life est difficile d'accès : 18 morceaux pour près de 1h20 de musique. David Comes To Life est parfois simple à décrire : un enchaînement de tubes avec parfois entre deux des intermèdes, des passages plus calmes. David Comes To Life est aussi et surtout une pépite, un album que l'on écoute toujours en boucle, avec un plaisir grandissant tandis que l'on pige et découvre de nouvelles choses à chaque écoute. Fucked Up est bien un groupe à part et c'est tant mieux : nous livrer des albums comme celui-ci nous rappelle pourquoi on est fan de musique. Merci les canadiens, c'est un plaisir.

A écouter : tout, tout, tout, en respectant l'ordre des pistes pour encore plus de bonheur
Pour les fans de : rock, hardcore, punk, indie... sérieux, ça brasse tellement de genre que sans le savoir quelqu'un aime déjà ce groupe






mercredi 26 juin 2013

Toh Kay - Streetlight Lullabies (2011)

La musique acoustique a toujours eu un certain effet chez moi. Je ne sais si c'est le fait de m'enfiler des tonnes de groupes toujours plus techniques et bruyant les uns que les autres ou tomber dans l'amour absolue de la violence musicale et viscérale la plus extrême qui me donne un besoin d'avoir en contrepartie mes petits instants bonheur avec un gars, sa guitare et sa voix. Minimalisme j'écris ton nom. Intimité, douceur, soleil... que de termes que j'aurai bien du mal à coller en description d'un énième groupe de trash-punk brésilien. Et pourtant c'est probablement la musique que je préfère, celle qui est sincère de bout en bout. Il y a aussi cette règle que je ne m'impose pas par moi-même mais qui fonctionne toujours : il me suffit de prendre un album solo d'un artiste d'un groupe que j'adore pour que je tombe de nouveau amoureux. Lagwagon ? je pense à Joey Cape et tout l'amour que je porte au monsieur. No Use For A Name ? pareil, on parle de l'un de mes groupes préféré et du regretté Tony Sly avec ses albums solos touchants. Streetlight Manifesto ? tiens, j'y pensais pas. Pourtant son chanteur/guitariste/leader/compositeur, Tomas Kalnoky, tente lui aussi l'aventure solo. Et c'est aussi casse-gueule que ça peut paraître, même si le résultat final est loin d'être inintéressant.

Streetlight Manifesto est un peu, on ne va se cacher, ce qui se fait de mieux en ce moment dans la scène ska-punk à cuivre. Véritable all-star band à la section cuivre folle, le groupe présent depuis 10 ans maintenant n'a sorti que trois véritables albums (le quatrième étant "Keasbey Nights" l'album culte de Catch 22 (où officiait Kalnoky) mais ces albums sont tous des références du style. Des envolées de cuivre folles, un chant ultra rapide, des alternances de styles fulgurante... ce que le ska-punk propose de meilleur (d'ailleurs j'avais chroniqué leur second album ici même). J'imaginais assez difficilement la version purement acoustique... et pourtant Kalnoky, renommé ici en Toh Kay, nous propose ici avec Streetlight Lullabies des reprises à la guitare folk de différentes chansons de son groupe. Et vraiment, on peut le dire, c'est couillu mine de rien. Passer d'un groupe à sept membres à un gars qui chante cette fois avec une douce voix et sa guitare qui se fait seulement mélodique... c'était pas gagné...

Forcément, à force de m'étaler sur la genèse de Streetlight Lullabies, j'en oublie d'en donner véritablement mon avis. Il faut dire aussi qu'il a beaucoup changé. Après la première écoute, un constat s'imposait : je m'étais un peu fait chier. Le début de l'album promet beaucoup, avec une voix qui nous charme d'entrée et une petite guitare finalement aussi sobre qu'efficace (pas de solos ou autres folies) et le plaisir de découvrir "Watch It Crash" en mode débranché. Non, sérieux, ça fonctionne vraiment bien. Et puis vient "We Will Fall Together" et là on sent très vite la faiblesse du projet : là où l'original est d'une puissance dansante folle, là c'est d'une mollesse qui s'étend sur plus de 6 minutes qui deviennent très vite ennuyantes... oui, clairement, Toh Kay parfois s'emballe et à trop vouloir faire de la copie acoustique de ses chansons oublie que d'aller au plus court est la meilleure solution. Heureusement, des moments de grâce arrivent, comme "Would You Be Impressed ?" tout simplement parfait pour l'acoustique ou "Somewhere In The Between" tout en douceur. Rien que pour ce type de chansons je m'accroche à écouter l'album. Une écoute, une seconde, plusieurs... en fait, ça s'écoute vraiment très bien.

Sans pour autant gommer tous les défauts beaucoup trop flagrants (sérieux, les chansons de plus de 4 minutes, on s'endort) et cette lassitude qui apparaît quand on se rend compte qu'au final l'album souffre du syndrome "la même chose pendant 45 minutes", plusieurs écoutes sont quand même nécessaires pour apprécier Streetlight Lullabies. Car il est plutôt rare que ce type de style soit présent en acoustique et que ce soit réussi, avec ces fameux instants où on se pose allongé pour écouter et profiter : "A Better Place, A Better Time" est le contre exemple de la chanson à 6 minutes qui fonctionne, "Sick And Sad" ou la simplicité la plus efficace, toujours "Somewhere In The Between" qui est la chanson parfaite pour se poser... Toh Kay avec Streetlight Lullabies ne livre pas un album parfait, loin de là, juste un album généreux, peut-être trop du coup, mais qui parvient à intéresser et nous faire voyager et nous reposer. Pas mal pour des reprises de chansons ultra dansantes... l'animal ne se laisse pas forcément apprécier rapidement mais laissez lui sa chance...

A écouter : dans l'optique de passer un moment calme
Pour les fans de : Catch 22, Streetlight Manifesto, Joey Cape, Russ Rankin...



vendredi 24 mai 2013

NOFX - So Long And Thanks For All The Shoes (1997)

C'est vrai qu'il peut être assez compliqué de trouver le meilleur album de NOFX. Déjà parce que la discographie du groupe est plus que touffue (si je dois mettre les EP dans le tas je pense qu'on arrive à la cinquantaine de sorties facilement, hop, sans forcer) mais aussi parce que cela varie beaucoup des humeurs et des personnes. Certains ne vont jurer que par les premiers albums, d'autres vont glorifier (à juste titre) Punk In Drublic ou The Decline, les autres l'énorme Pump Up The Valmum et les albums qui ont suivi… personnellement je reste bloqué sur So Long And Thanks For All The Shoes, grosso merdo leur 7e album. Pourquoi ? parce que pour moi il s'agit de l'album le plus proche de ce que NOFX sait faire de mieux : du tube, de la vitesse, du ska, du débile. Le type d'album que tu sors et dont tu dis "Ca, tu vois, c'est NOFX !". Un peu comme leurs albums en général mais avec ce petit truc en plus qui me fait l'adorer encore plus. Ne me demandez pas pourquoi, comme je vous l'ai dit, ça dépend des gens… même si ne pas croire qu'il s'agit de leur meilleur album est une erreur, hein, je dis ça, je dis rien...

Peut-être parce que cet album semble démarrer à dix mille à l'heure avec "It's my job to keep punk rock elite" et que ça n'arrête pas le temps de 16 pistes. Alors que déjà on accusait le groupe d'avoir ralentit le tempo après le très chelou "Heavy Petting Zoo", les voilà plus rapides et expéditifs que jamais et, personnellement, je trouve que jamais ils n'auront fait aussi foufou comme album. Non parce que si tu veux du tube purement punk-rock, tu te sers, hein, c'est pas un soucis : "Murder The Government", "180 Degrees", "I'm Telling Tim", "Dad's Bad News"... c'est cadeau, ça te rentre dans le crâne et ça reste longtemps dedans, pas de soucis là dessus. Et puis il y a les fameux passages ska du groupe, où l'on profite des talents de trompettiste d'El Hefe le temps de diversifier un peu l'avalanche de culte qui nous arrive en pleine tronche : "All Outta Angst" et sa trompette toute et son riff ska ultra bêtes mais ultra efficaces", la très dub "Eat The Meek", le reprise inattendue de "Champs Elysée" avec le chant français incompréhensible, "Flossing A Dead Horse" pour un morceau jazz/punk instrumental jubilatoire...

En fait, comme je l'ai dit plus haut, je peux prendre tout l'album comme exemple du savoir faire de NOFX. Mais ça, vous allez me le dire, c'est le cas de probablement tous les albums du groupe. C'est pas faux... mais là où dans certains albums le groupe enchaîne chansons énorme à chansons "seulement sympa", là, rien n'est à jeter. Au contraire, il y a même des petites pépites que l'on chantera tout seul sur la route, comme "All His Suits Are Torn" et ses paroles disons... personnelles, ou "Dad's Bad News" qui semble tirée d'un face-b de Bad Religion... l'album ultime du groupe pour moi, celui que tu peux lancer et mettre en boucle sans soucis, t'extasier à chaque nouvelle écoute et te dire que, putain, NOFX, c'est quand même quelque chose...

A écouter : comme tout le reste de la disco', na mais
Pour les fans de : NOFX, Bad Religion, Pennywise... vous connaissez la suite






dimanche 5 mai 2013

Joey Cape - Doesn't Play Well With Others (2011)

Le bruit du mécanisme d'une boîte à musique que l'on remonte. Petite guitare acoustique, sobre. La voix reconnaissable parmi des milliers de tonton Joey arrive. De sa douce voix il accompagne une chanson plus longue qu'à ses habitudes, à la mélodie plutôt mélancolique. Des petites instrumentations s'entendent ça et là, donnant corps au tout, tout en restant très simple, jamais de fioritures. C'est exactement comme ça que je décris le travail de Joey Cape en général : la sincérité. On y ajoute volontiers la simplicité et le talent bien entendu, mais comprenez par là que, que ce soit au chant ou à la musique, tout est sincère. Une voix jamais forcée, une technicité de guitare tout simple, pas de solos de fous ou d'accords de guitar hero... juste une mec là depuis près de 30 ans dans la scène punk/hardcore, compositeur génial qui a tellement apporté au genre malgré tout ce que peuvent penser les détracteurs. Tu aimes ou tu n'aimes pas mais impossible de renier tout l'héritage laissé par ce petit gars... d'ailleurs il continue à nous abreuver avec ce très joli dernier album solo, au titre tout en auto-parodie Doesn't Play Well With Others.

Je parlais de première piste en début d'article, "Going For The Bronze", très jolie chanson, belle entrée en matière même si le reste de l'album alternera volontiers chansons plus joyeuses ("It's Alway Sunny") et autres totalement intimistes ("Okay"). Passant facilement d'un style à l'autre, en gardant cette énergie purement punk avec des chansons atteignant rarement les trois minutes, Joey Cape nous emporte le temps d'un album dans son petit monde, tout en simplicité et douceur. Ne vous attendez pas à une déferlante de technique ou autres refrains fédérateurs, ici on nage dans la beauté simple, le plaisir de l'écoute au sens la plus simple et pur possible. Et comme dit plus haut, simple ne veut pas dire nul ou ridicule... c'est juste... simple. Et efficace.

C'est par le biais de petites pépites comme "Okay" ou "Drag" que l'on se laisse emporter par la voix douce et la mélancolie ambiante. C'est par le biais de joyeuses chansons purement folk comme "The Fish Rots from the Head-Case Down" ou "No Mirror" que l'on se laisse remuer la tête. Et entre deux il y a "The Greatest Generation" ou "Montreal" qui font agréablement passer le temps. Avec cet album, Joey Cape réussit enfin son exercice de chanteur/compositeur de folk, après un premier album très sympa mais souffrant trop de l'aspect "démo et B-Sides de Lagwagon" que l'on ne retrouve pas dans Doesn't Play Well With Others. Oui, je sais, je suis complétement groupie mais que voulez-vous... pour tout fan du personnage et de la scène punk californienne et nostalgiques de la période skate/collège, vous vous devez de foncer sur ce petit bijou d'acoustique.

A écouter : l'été, sous la couette, partout où l'on est au calme, avec le sourire
Pour les fans de : Tony Sly, Lagwagon, Bad Astronaut, Frank Turner, Ellioth Smith...






vendredi 22 mars 2013

Napalm Death - Smear Campaign (2006)

Napalm Death... difficile de faire plus mythique dans le monde du grindcore. Depuis plus de 30 ans, ce monstre britannique peut se vanter d'avoir eu une influence plus que majeur autant dans la scène hardcore que purement metal et continue encore à tout défoncer sur son passage. Malgré le fait que le line-up actuel ne contient plus aucun membre d'origine (et je peux vous assurer que c'est un bordel sans nom que de se retrouver dans l'arbre généalogique du groupe) et que leur son s'est progressivement dirigé vers le death-metal (tout en restant bien grindcore, pas de panique), rien à faire. Napalm Death est un mythe vivant, un groupe au dessus de tellement d'autres. Mais alors pourquoi chroniquer Smear Campaign, leur 13e album, plutôt que d'autres qui ont tellement eu d'impact à leur époque ? pourquoi ne pas parler de Scum ? From Enslavement To Obliteration ? Utopia Banished ? parce que Smear Campaign est l'album avec lequel j'ai réellement découvert le groupe (oui, je sais, très en retard, mais que voulez vous, j'étais lycéen et insouciant), j'ai donc un rapport plutôt affectif avec lui (même s'il mord violemment) et qu'il reste encore aujourd'hui l'un des meilleurs jamais fait par le groupe depuis son passage en mode "death-grind metal". Oui, ce sont des étiquettes à la con, merci de ne pas y prêter plus d'attention que ça.

De toute façon, Napalm Death est une machine, une arme contre tout ce qu'elle combat. Autant musicalement avec ces passages de blast insensés, des riffs de metal qui t'arrachent la tronche dès la première écoute (et cette basse...) et ce combo voix grave purement grindcore du chanteur/cris aigus purement death-metal qui n'a plus à prouver son efficacité depuis le temps, qu'au niveau des paroles, toujours engagées, pleine de haine face aux injustices et tares de notre société pourrie (tout y passe, du capitalisme aux guerres, rien n'échappe au groupe). Pire (ou mieux) : j'ai l'impression que plus le temps passe et plus le groupe se veut extrême et carnassier. Ne vous étonnez donc pas à subir littéralement l'entrée en matière "Sink Fast, Let Go" de Smear Campaign, parfaite illustration de ce que sera tout l'album : de la violence, de l'efficacité et ce truc en plus que Napalm Death peut se targuer d'avoir. Tu veux du riff bien dégueu avec du blast de temps en temps ? hop, "Puritanical Punishment Beating" est là, avec l'éponyme "Smear Campaign" tout en ambiance glauque. Du blast à l'ancienne ? "In Defense" ou "Rabid Wolves (For Christ)". L'association parfaite des deux ? "Call That An Option ?", "Shattered Existence"... bref, toutes les 17 pistes (plus une intro') sont des tueries en puissance, impossible de trouver quelque chose à redire.

Mais l'aspect qui fait de Napalm Death un groupe toujours aussi respecté est son attachement à la scène hardcore. Car le groupe n'oublie jamais ses racines : tout dans l'approche de leur musique, si ce n'est bien entendu leur côté death-metal actuel, est une conséquence d'avoir grandi (et fait grandir) la scène punk et hardcore, encore naissantes aux début du groupe. Ca paraît difficile à croire ? alors lisez les paroles, allez voir le groupe en live, écoutez ce que le chanteur a à nous dire, devinez pourquoi le groupe se veut ultra sobre sur scène en évitant tout effets scéniques inutiles... et vous comprendrez pourquoi Napalm Death est aussi mythique. Smear Campaign est presque une excuse pour moi pour parler d'eux mais c'est une putain d'excuse, pas n'importe laquelle, celle que tu es fière de sortir et de décortiquer comme il se doit après des écoutes en boucle toujours plus nombreuses. Smear Campaign est un excellent album, un très bon Napalm Death qui a tout à fait sa place dans leur très grosse discographie.

A écouter : oh bah oui, hein, tant qu'à faire, na mais je vous jure hein...
Pour les fans de : Nasum, Terrorizer, Dying Fetus, Brutal Truth, Rotten Sound...





mercredi 2 janvier 2013

Sick Of It All - Death To Tyrants (2006)

Imaginez. Votre groupe existe depuis 20 ans. 20 ans dans le milieu du hardcore punk, c'est une éternité. Vous êtes une exception. De plus, vous avez la réputation d'être une référence que nombre de groupes citent, jeunes ou anciens. Une autre réputation, la plus flatteuse de toute : vous êtes une bête de scène. Un monstre qui dévore tout et délivre des shows mémorables. Vous êtes Sick Of It All et vous avez 20 ans. Cotillons, slams, mosh-pit et wall of death de rigueur. Sauf que, aussi étonnant que cela peut paraître, vous n'avez jamais vraiment briller sur CD. Non pas que la qualité n'y était pas, surtout pas, au contraire. "Step Down", "Scratch The Surface", "Call To Arms", "Take A Look Around", "Ratpack"... la liste est longue, le nombre de tubes et refrains fédérateurs aussi. Sauf que jamais un album n'a vraiment pu retranscrire la puissance du son de Sick Of It All, la faute à un prod' étonnamment peu "lourde", très "punk" et pas assez "NYHC biotch". Ca, bien entendu, c'était avant vos 20 ans et la sortie de votre Death To Tyrants.

"BRUTAL !!!!" qu'il nous gueule à la tronche le Lou, d'entrée de jeu, direct. Et il n'y a pas meilleur mot, terme, pour définir la musique du combo mythique de New York : jamais la musique de Sick Of It All n'aura été aussi sombre, assassine, violente et dévastatrice. Les petits jeunes arrivent avec leur metalcore et autres deathcore ? les papys font de la résistance et va t'enterrer tout ça sous le coup d'accords incisifs, de batterie martelée avec précision, une basse lourde au possible et un chant d'une violence inégalée. Tu rajoutes les choeurs de hooligans, les paroles engagées et une rage à l'encontre de toute forme de dictature (rarement le groupe n'a été aussi énervé) et c'est bon, tu as l'impression de te retrouver en plein dans la fosse en gueulant avec tes tripes les paroles et tu tente de te remettre d'aplomb après un circle-pit. Death To Tyrants ne révolutionne pas la recette que Sick Of It All nous concocte depuis 20 ans, il la transcende, donne cette puissance au son que mérite amplement les guerriers de New York. Pas de virement musical, non, juste un groupe au meilleur.

Le son, la prod'... tout ça c'est bien beau mais encore il faut avoir les bons morceaux... et puis le CD tourne et plus te dit que pratiquement tout l'album pourrait enterrer le reste de la discographie. "Take The Night Off" te déboîte la mâchoire dès les premiers accords, "Machete" est lourde à souhait, "Uprising Nation" taillé pour le live avec son refrain mythique, la même pour "Die Alone", "Make A Mark" parfaite pour le two-step, "Maria White Trash"... jamais le groupe n'a semblé aussi à l'aise, aussi spontané, violent, hardcore... quand on est la définition même du NYHC aux côtés de monstres comme Agnostic Front ou Madball, on est attendu au tournant. Même pas peur, aucune pression, les gars font presque naturellement et avec brio tout la démonstration de leur talent.

Semblant retrouver la fraîcheur de ses premières années, Sick Of It All balaie tout sur son passage et te livre leur meilleur album pour une référence ultime du style, celle qui marque dès la première écoute et défonce n'importe quel petit jeunot qui pense détenir la définition de l'uppercut avec deux accords de puissance sur une gratte avec saturation maximum. Death To Tyrants ou le synonyme de rouleau compresseur.

A écouter : surtout toi le jeune fan de deathcore
Pour les fans de : Madball, Terror, Agnostic Front, Warzone... tu connais la suite






mercredi 28 novembre 2012

Gallows - Orchestra Of Wolves (2007)


La côté crade d'un rock'n'roll teinté de sexe et de drogue. Un hardcore sombre, avec des guitares semblant vomir leur son, parfois dans la douleur, une batterie semblant marteler la rythmique et un chant hargneux, possédé, balançant ses paroles désabusées et directes, sans fioritures. L'ombre du rock psyché plane au dessus de Gallows avec Orchestra Of Wolves, leur premier album et pilier central d'influences de tout ce que le hardcore'n'roll a pu proposer ces dernières années. Plus qu'un disque que tu lis dans ta platine, tu subis une musique semblant t'envelopper, poisseuse, dégageant une aura malsaine diaboliquement attirante.

Le son semblant presque étouffé, ces guitares partant parfois dans des délires presque math-core (mais pas trop, non, ne faisons pas erreur) et ce chant... dès "Kill The Rythm" les bases de la musique de Gallows t'es crachée à la figure : tu vas aimer ça ou tu vas dégager, on n'est pas là pour discuter. C'est sombre et ça garde l'urgence du hardcore tout en apportant la lourdeur du rock. Ce n'est pas nouveau mais les anglais le font mieux que d'autres. Des exemples ? l'album entier. Il faut être plus précis ? "Abandon Ship", le tube "In The Belly Of A Shark" et sa mosh-part finale assassine, "Just Because You Sleep Next To Me Doesn't Mean You're Safe" pour tomber dans la folie, "Six Years" pour rester dans un délire purement rock... tout est monstrueux, maîtrisé, efficace au possible et te mettant autant mal à l'aise que jubiler sous ton casque.

Et il y a la fameuse chanson titre "Orchestra Of Wolves" pour clôturer le tout, représentation parfaite en chanson de ce qu'est Gallows: de la provocation ("I want you to wake up and remember my name when you're washing my cum off your fucking face" comme le gueule si bien Frank Carter), un son reconnaissable immédiatement, un poing dans ta gueule tout simplement. Il suffit de voir les prestations live du groupe à l'époque de la sortie de l'album pour tout comprendre, pour imaginer à quel point ce Orchestra Of Wolves est un doigt d'honneur balancé à la face du monde, un putain de doigt d'honneur brandi par un groupe déjà au sommet de son art et emmerdant tout ce qui se mettra en travers de son chemin. Un classique à écouter en boucle.

A écouter : putain ouais
Pour les fans de : The Ghost Of A Thousand, Cancer Bats, Feed The Rhino, Everytime I Die...






vendredi 9 novembre 2012

Cancer Bats - Hail Destroyer (2008)


La puissance des bûcherons, Tome 2. 

C'est un peu comme ça que je l'appelle dans l'intimité ce deuxième album de Cancer Bats, Hail Destroyer, de loin mon favori. Après un très bon Birthing The Giant, on savait que ces quatre canadiens étaient capable de bonnes choses. Mais là... dans mon top des albums burnés et parfait pour faire le ventilo avec les cheveux longs (un jour peut-être...) il est placé très haut ce petit monstre...

On réexplique pour ceux qui découvrent : Cancer Bats joue un hardcore très fortement teinté de riffs metal/hard-rock bien gras, avec toujours cette touche punk dans la rythmique et dans les paroles. Gros monstre sur scène, c'est notamment grâce à Hail Destroyer et son nombre hallucinants de chansons taillé pour l'exercice que le groupe va devenir ce qu'il est aujourd'hui : une référence. La différence de cet album par rapport aux autres ? aucune baisse de rythme, des compos variées et surtout, surtout, des chansons qui te rentrent dans le crâne dès la première écoute et cette furieuse envie de jumper partout dans ta baraque tout en headbangant.

BOUM, dès le départ "Hail Destroyer" défonce tout. VLAN, "Harem Of Scorpions" avec le chanteur de Rise Against en featuring, "Smiling Politely" et le chanteur de Billy Talent méconnaissable (et vraiment bon pour le coup quand il pousse la gueulante), "Lucifer's Rocking Chair" et son riff de l'apocalypse... rien à jeter, tout à écouter en boucle. Tout ça grâce à la grosse performance de tout le groupe : entre la basse bien présente et lourde, ce chant inimitable et rageur, cette batterie n'hésitant pas à péter un plomb de temps en temps et ces riffs de guitares et tout ses effets avec des sons aigus pour renforcer le tout... ouais, il y a bien un son "Cancer Bats" et c'est avec cet album qu'il s'impose.

Metal dans l'apparence mais foncièrement hardcore dans l'esprit, Cancer Bats est un groupe un peu à part dans le style, difficile à caser dans une étiquette à la con et n'étant là que pour le bonheur de tes oreilles. Et c'est tant mieux car c'est exactement ce que je lui demande, me faire péter une durite à chaque écoute et gueuler tout seul devant mon écran. Avec son équilibre parfait entre les chansons lourdes/rapides et cette énergie omniprésente, Hail Destroyer fait très mal. Un indispensable pour tout fan de bonne musique.

Pour les fans de : Gallows, The Ghost Of A Thousand, Fights And Fires, Feed The Rhino...
A écouter : en headbangant comme un gros bâtard






mercredi 3 octobre 2012

Minor Threat - Complete Discography (1989)

Tout a été déjà dit sur Minor Threat. Beaucoup plus que pour n'importe quel autre groupe de la scène hardcore/punk américaine voir même mondiale. Rare sont en effet les groupes qui ont eu une influence autant sur la musique que dans l'attitude, la façon d'être et de vivre sa passion, tout en délivrant un message qui se dit universel et parfois malheureusement mal interprété. Tout est déjà dit, sujet à de nombreux débats plus ou moins intéressants et il vous suffit de quelques recherches sur l'intraouaib mondial 2.0 pour trouver votre bonheur.

Mais heureusement, ce qui reste le plus en mémoire et qui met tout le monde d'accord est la musique de Minor Threat. Sorte d'apogée du hardcore/punk des années 80, Minor Threat n'a pas forcément réinventé le style mais l'a tout simplement porté à son plus haut niveau, faisant une synthèse de tellement de groupes et d'influences du mouvement hardcore underground encore en pleine explosion dès les débuts du groupe en 1980. Des chansons rapides, incisives, aux paroles engagées et principalement axé sur notre relation avec autrui et cette nécessité de se rassembler et d'arrêter de se détruire physiquement et mentalement, rester droit et réfléchi. Mais tout ça vous le savez déjà...

Alors j'invite tout ceux qui n'ont toujours pas écouté ce monument de la musique de se jeter sur cet unique album du groupe (tout le reste étant des EP) regroupant l'intégralité des chansons de ce monstre dont on imagine la puissance en live à l'époque et qui sont très souvent rejouées par des groupes encore de nos jours (et non, les jeunes, ce n'est pas Rage Against The Machine qui a inventé le "tube" "In My Eyes"). TOUTES les chansons du groupe durant ses premières années sont des hymnes à connaître par cœur pour sa culture, ce genre de chansons qui restent ancrées pour toujours dans notre crâne dès la première écoute.

On jubile, on saute partout à chaque mot crié par Ian MacKaye, on pogote dès l'accélération de la batterie, on reprend en chœur "Straight Edge", "Minor Threat", "Steppin' Stone" ou "Out Of Step"... et on s'étonne des dernières chansons clairement différentes du reste. Car l'album est agencé de façon chronologique, des débuts du groupe jusqu'à sa fin, avec cette musique qui devient de plus en plus mélodique, moins agressive et annonçant le monstre Fugazi qui arrivera plus tard. Mais ça c'est une autre histoire... tout comme le mouvement Straight Edge et le reste, que je vous laisse chercher comme des grands tout en écoutant en boucle cet indispensable au bon fan de musique vous êtes.

A écouter : putain ouais mais carrément et tout le temps
Pour les fans de : Black Flag, Bad Brains, 7 Seconds, Youth Of Today... vous connaissez la suite