Lieu : Le Cheminot
Groupes :
Wrong Decision (BE) ; Short Days (BE) ;
Edith & Two Man's (BE) ;
Genital Jiggling (FR) ;
Furious (BE) ;
Anxiety Attack (FR) ;
Confusion (FR)
C'est toujours cool quand des potes à toi arrivent à aller au bout de leurs envies. Non, sérieux, je dis ça pour jouer aux
Bisounours ni pour être sur d'avoir gratos un poster d'eux tout nu avec des poils de moustache du guitariste, mais ça fait plaisir de voir un groupe naître et petit à petit vivre sa vie et aller jouer avec des groupes bien comme il faut. Alors si en plus on leur propose de venir jouer en Belgique dans un bar dédié à la cause du fast/core... aaaah, trop tard, j'ai joui. Hop, on s'enfile les 300 bornes pour aller tout près de la frontière et on se pose devant la minuscule "scène" (le fond du bar quoi).
Wrong Decision débute la soirée. Punk/hardcore à la 80's, on peut citer
Black Flag,
All et toute la scène de l'époque comme référence et ça s'entend direct. Ca manque peut-être de vitesse et d'originalité, mais ça s'écoute sans soucis, même si j'ai un peu l'impression d'entendre la même chanson depuis le début. C'est typiquement le genre de groupe dont j'ai pas grand chose à dire : c'est bien joué, c'est énergique mais c'est pas non plus transcendant. Mais au moins la soirée commence bien, c'est déjà ça.
On profite de la bière proposée à un prix indécent (moins de 2 euros) tout en écoutant
Short Days. Tout de suite en écoutant ça m'a fait pensé à
Youth Avoiders : pas de disto sur la gratte, une rythmique rapide... bref, du punk/hardcore aussi mais sans le côté "foufou" de
Youth Avoiders, c'est presque trop sage même. Mais bon, ça reste très bien joué et les fans du style vont adorer, surtout ceux qui pensent que le seul vrai hardcore reste celui des débuts. Là vous pouvez foncer les gars. Fait amusant : le batteur qui entre deux chansons coupe le set pour aller se prendre sa boisson au bar, ça surprend.
Edith & Two Man's balance la purée direct, sans prévenir. Fast/core sans fioritures, direct et diaboliquement efficace. Les deux voix du bassiste et du guitariste sont aigus à souhait et collent parfaitement au délire, en s'approchant même du power/violence parfois. Mis à part quelques passages plus lourds qui tombent un peu trop sans savoir pourquoi, y'a vraiment rien à redire et il faut admettre que c'est bien puissant. Le public de ce soir ne s'y trompe pas et continue à être tout foufou comme au début (manque juste les slams, sinon ça mosh pas mal en
Belgique). Très bon set et une bonne découverte.
Allez, vient le passage des potes de
Genital Jiggling. Comme je ne peux que garantir un article avec 0% d'objectivité, on va essayer d'aller à l'essentiel : putain, ce soir ça a bien joué ! juste une corde de pétée, le batteur en pleine forme et surtout un chant qui s'améliore de concert en concert. Le public réagit bien au fast/core bien énervé et les 30 secondes de moyenne des chansons permettent un set sans temps mort et bien énergique. Le public d'ailleurs ne s'y trompe pas et ça bouge bien, avec le chanteur soulevé par le public en final. Amis de
Thrashington D.C,
Strong As Ten ou même de
Anxiety Attack, c'est votre came et vous pouvez leur faire des gros bisous sur la fesse gauche, ils adorent. Très bon set, ça fait plaisir !
Furious est apparemment un groupe très connu du style. Honteusement je ne connais pas et j'ai bien tort. Duo guitare/batterie qui fait autant de bruit qu'un groupe de 5 personnes et qui t'envoie du crust/hardcore brutal et incisif. J'avoue que j'ai suivi le concert de loin vu que la fatigue commençait à s'installer mais c'est pas vraiment gênant d'être devant le bar dehors vu que les portes sont ouvertes et que l'on entend parfaitement. Oui oui, vous avez bien lu : on entendait le concert dans pratiquement toute la rue et ça n'a dérangé personne. En France si on fait ça ne serait-ce que 5 minutes on se prend des fourgons de CRS dans la tronche... mais bref, revenons à
Furious, qui porte bien son nom. Ca envoie grave la gouache et ça te décrasse les oreilles pour balancer un slogan bien pourri. Une autre très bonne découverte qui donne très envie de les revoir.
Et pendant que le comptoir du bar est rempli de bières,
Anxiety Attack vient continuer à nous attaquer les oreilles. Là aussi on est dans le fast/core brut et qui te fait lever le doigt tout en l'agitant en essayent de suivre le rythme de la batterie. C'est bourrin au possible, expéditif et ultra bien exécuté. C'est un peu la folie encore pour le coup dans le bar avec un chanteur très en forme, tout comme le reste du groupe qui ne connait décidément pas le mid-tempo. Obligé de sauter partout, de bouger la tête comme un dingue : tout va à mile à l'heure.
Anxiety Attack est une future référence du genre, on va donc se faire plaisir d'en profiter dès maintenant. Putain de bon set !
La fin arrive avec
Confusion, ou comment terminer dans la violence un concert. Gros hardcore/punk avec quelques relents de crust (parfois ça m'a fait penser à du
Trash Talk), Confusion est là pour nous mettre la misère, clairement. Le chanteur est ultra bluffant (le même que celui
Fake Off, gage de qualité) avec une gueulante violente au possible et maîtrisée, sachant renforcer la puissance des compos, destructrices au possible. C'est carré et ça déboîte, tout simplement. Grosse révélation de ces derniers mois, le groupe mérite amplement qu'on s'y attarde et qu'on les suive de très près. Gros coup de cœur de la soirée.
Alors qu'une playlist pleine de fast/core qui fait plaisir tourne encore dans le bar, on commence à se rentrer tout en profitant des vinyles qui sont sur place (miam,
The Night Stalkers !) et on s'en va avec un gros sourire après ce concert marathon. Oh, et la bière belge ça défonce tout, mais ça vous le savez probablement déjà, donc vous gênez pas les enfants.